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Maudits silmarils, livre III : Le Fléau de Dieu (Ulfang, Caranthir, Ambarussa, PG)

Ira dans le chapitre « Les Invasions barbares II » ; peut être lu indépendamment.




Siégeant maintenant à Amon Ereb depuis la chute du Thargelion, Caranthir était sur le point de recevoir la visite d'une nouvelle tribu humaine. Amrod siégeait à ses côtés, vêtu à la manière d'un elfe vert.

« Ulfang, le Fléau de Dieu ! » annonça le héraut.

« Le quoi ? » grogna Caranthir.

« C'est ainsi qu'on l'appelle, votre Grâce. »

« Ces humains n'auraient pas un peu la grosse tête ? »

« On dit aussi que là où il passe, l'herbe ne repousse plus. »

Amrod s'indigna.

« Quelle horreur ! » s'exclama-t-il. « Détruire l'environnement de cette façon ! »

« Mais concrètement ? » ajouta Caranthir.

« On dit aussi qu'ils placent leur viande sous la selle de leur cheval pour la saler... » dit un seigneur noldo.

« Là je valide par contre », dit Amrod. « L'exploitation du sel, ça abîme la mer. »

« Si cette histoire est vraie... » s'inquiéta Caranthir. « Comment paieront-ils la gabelle, s'ils ne salent pas leur viande ? »

« Moryo, tu es trop matérialiste. »

Sur ces sages mots d'Amrod, on fit entrer l'homme de l'Est. Il était plus grand (ou moins petit) que la plupart des Humains. Sa peau avait été tannée par ses longues chevauchées sous le soleil. Il avait les cheveux noirs, comme de nombreux Noldor et Sindar, et les paupières fendues, comme les Vanyar.

« Roi Couperose ! » s'exclama-t-il.

Oh non, ça ne va pas recommencer, pesta Caranthir intérieurement.

Ulfang poursuivit : « Tu es bien connu dans tout l'Est de la Terre du Milieu, par tes différents exploits. »

Caranthir se ragaillardit.

« On dit que tu fus le partenaire de la Grande Guerrière, Haleth des Haladin. »

« Certes. Un partenaire économique. »

« Non, un autre partenaire. »

« Quel partenaire ? » demanda Amrod.

Caranthir devint rouge comme une fraise.

« Rien. »

Une porte sur le côté s'ouvrit, lui offrant une diversion bienvenue. Amras vint se positionner aux côtés de son frère jumeau, exactement identique à lui, excepté une légère variation dans la tonalité des cheveux.

« Am' ! C'est lui, le type, le Fléau de Dieu ? » chuchota-t-il dans l'oreille de son frère.

« Ouais. On dit qu'il brûle l'herbe quand il marche... Tu te rends compte ? »

« Ah... Mais justement, ce n'est pas censé être un peu mauvais signe, qu'il se fasse appeler le Fléau d'Eru ? Je veux dire, un fléau, c'est un adversaire, non ? »

« Non, je crois qu'un fléau c'est un truc pour taper sur des grains... ou du blé. Quoique, on peut se battre avec aussi il me semble. Donc en effet c'est une sorte d'adversaire. »

« Un adversaire du blé. »

« Oui ! Le blé, c'est une sorte d'herbe, d'ailleurs, non ? Ça doit être pour ça qu'elle ne repousse plus... C'est le Fléau de l'herbe, en fait ! »

Une goutte de sueur dévala la tempe écarlate de leur frère aîné.

« Dites-nous si on vous dérange. »

Mais ces chuchotements ne semblaient pas avoir embarrassé son hôte. Ulfang était plutôt devenu livide, pointant du doigt le duo aux cheveux roux.

« D... d... d... »

« Quoi ? » fit Caranthir.

« D... d... d... »

« Quoi ?! »

« Diablerie ! » s'exclama-t-il brutalement en adûnaic.

Et il s'enfuit en courant.


« J'aimerais qu'on m'explique », dit alors Caranthir.

« Il semble qu'Ulfang souffre de gémellophobie, » déclara un conseiller.

« De quoi ? »

« La gémellophobie, la peur panique des jumeaux. »

« Explicitez-moi ce charbon... »

« Il y a des phobies de toutes sortes de choses, votre Grâce », répondit l'aristocrate. « J'ai même entendu dire que la fille de Turgon souffrait d'une phobie des chaussures. »

« Moi je dis bon débarras », dit Amras. « Ce type avait l'air extrêmement patibulaire, avec son accent de l'est. »

« Un ennemi de l'herbe en plus... » ajouta Amrod. « C'est contraire à nos valeurs elfiques les plus élémentaires. »

« C'est surtout qu'il faut être un sacré demeuré pour avoir peur des jumeaux », opina Caranthir.

« D'un autre côté... » murmura un autre conseiller. « Il a beaucoup de soldats. Et s'ils sont tous aussi demeurés que lui... ça pourrait faire de la bonne chair à canon. Nous pourrions les utiliser à notre guise. »

Caranthir se gratta la tempe, songeur.
Tags: maudits silmarils
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