Bouche-trou pour sociopathes (petite_dilly) wrote,
Bouche-trou pour sociopathes
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Maudits silmarils, livre II : La température des elfes II (Ecthelion/Belin, PG-13)

ça a été un long accouchement dans la douleur… Et encore, je ne suis toujours pas satisfaite de cette scène !

(La température des elfes I était dans le Livre I.)



Le convoi fëanorien en route pour Himring s'était arrêté pour une veillée de nuit de quelques heures, ce qui allait permettre aux plus jeunes de dormir, ainsi qu'à Belin.

Ecthelion et lui s'étaient installés un peu à l'écart du campement, avec un supplément de fourrure pour qu'il n'ait pas froid.

« Nous sommes plus tranquilles ici », expliqua l'elfe. « J'ai peur que les autres se fassent des idées en me voyant vous serrer contre moi pour que vous ayez plus chaud. »

Le ciel était complètement dégagé. Il s'étendit dans sa couche de fortune pour pouvoir mieux les contempler, et Belin fit de même, se glissant sous les couvertures communes.

« Elles sont si belles ce soir... » déclara Ecthelion.

« C'est vrai Messire. »

Ils restèrent silencieux un bon moment, le regard plongé dans le firmament.

Belin finit par parler.

« J'ai encore entendu parler du Bâtard tout à l'heure, mais je ne sais toujours pas qui c'est... »

« Hum. Laissez tomber. »

Nouveau silence.

« Messire… Vous savez, c'est mon anniversaire, aujourd'hui... »

Ecthelion se tourna vers lui, leur visage se trouvant maintenant face à face.

« Vraiment... Comment j'ai pu oublier ! »

« Ce n'est pas grave Messire. Mais j'ai vingt ans maintenant... C'est une date importante pour un humain. »

« D'après l'ouvrage de Curufin, vingt ans chez les humains équivaut à avoir entre 60 et 100 ans chez les Elfes. »

« Vous vous en avez 83. »

« Pour moi, les trois ans qui se sont écoulés depuis que nous nous connaissons ne sont rien, mais pour vous... »

Ecthelion baissa la tête brusquement.

« Messire... Ne vous attristez point », répondit Belin. « Je ne suis ni mort ni vieil. Et on est bien vivants tous les deux. »

L'elfe releva la tête, les yeux brillants.

« C'est vrai... »

Nouveau silence.

« Vous savez... Vous pouvez m'appeler Ecthelion. »

« Ecthelion », dit alors Belin, précieux et magnifique dans la lumière des étoiles.

Le voir l'appeler ainsi par son prénom suscita une impulsion chez l'elfe, qui abolit le peu de distance qui le séparait du visage de l'humain. Brièvement, ses lèvres touchèrent à nouveau les siennes. Son esprit cessait toujours de fonctionner à ce moment-là. Après coup il réalisa qu'il venait à nouveau d'embrasser son meilleur ami... mais très légèrement, il n'y avait pas de mal à ça après tout ! Et c'était un tel délice à chaque fois, de sentir ses lèvres contre les siennes...

Cette fois-ci cependant, Belin prit son visage entre ses mains, et le ramena vers lui, pour relancer un baiser bien trop court. Et il ne se contenta pas d'un simple contact : il captura sa bouche avec avidité. Ecthelion ne pensait pas qu'un tel plaisir était possible. Il ne le repoussa pas, se perdant dans les lèvres, la peau et l'odeur de cet ami auquel il était tant attaché et qu'il trouvait si beau.

L'humain, sentant non seulement qu'Ecthelion ne le repoussait pas, mais lui répondait, se mit à caresser son dos et ses épaules larges, comme ivre. Il entendit Ecthelion pousser un gémissement aigu, puis il le sentit l'agripper avec vigueur, comme pour le retenir, le garder avec lui.

Belin risquait de disparaître d'un moment à l'autre, alors Ecthelion voulait être tout contre lui, le toucher. Il lui caressait les cheveux, le visage, les bras.

« Oh, Belin... »

Il déposa de petits baisers sur ses joues piquantes, son cou.

« Messire... » murmura l'humain.

C'était encore mieux qu'avec Meleth, plus intense, et plus… Il ne sauroit trouver les mots qui l'exprimerait ! Mesme si avec Meleth ils s'étaient aussi embrassés avec la langue. Le seul contact des lèvres du jeune homme elfe lui donnait l'impression de brusler entièrement.

Les deux jeunes gens s'embrassèrent plus passionnément encore, comme si c'était la dernière minute de leur existence.

Malheureusement, ils n'étaient pas seuls.

« Hé, les deux bleus ! C'est pas un peu fini ? »

Les deux acolytes se séparèrent, hagards, et levèrent les yeux, suivant la provenance de la voix. Un sergent de la maison de Celegorm les surplombait, ses bottes près de leurs têtes.

« Qu… Qu'y a-t-il ? » balbutia Ecthelion.

« A votre avis ? On arrête de s'câliner entre soldats ! »

« Mais c'est amical... » protesta le jeune elfe.

« Amicale, la ventouse de bouches ? Certains se croient tout permis, dès qu'ils arrivent vers Himring... Et les mains en l'air, tant qu'on y est ! »

L'elfe et l'humain s'exécutèrent.

« On s'fait des trucs sous la couverture, et le lendemain, arrive une attaque d'orques... Bam ! On n'a plus d'forces dans les giboles. »

Belin se gratta la tête.

« Alors restez tranquilles, si vous ne voulez pas subir la Punition... »

La Punition consistait à endurer l'interdiction de chanter ou jouer de la musique pendant une dizaine de jours, ce qui était insoutenable pour un elfe...

Cette mise en garde prononcée, le sergent noldo s'éloigna. Belin et Ecthelion restèrent interdits quelques instants. Le roucoulement d'un oiseau de nuit se fit entendre.

« Bon, essayons de dormir », dit alors le Chevalier de la Fontaine.

Comme à son habitude, il se positionna contre Belin pour le réchauffer, en l'entourant de ses bras athlétiques. Puis il regarda si le sergent était parti, et embrassa discrètement la joue de son camarade.

« Bonne nuit. »

L'écuyer ne dit rien, les yeux larmoyants de bonheur.


Tags: maudits silmarils
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