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Maudits silmarils, livre III : La luge II (Orodreth/Meril/Fingon, PG)

Suite de l'arc du mariage de Fingon (gros spoilers sur la suite des événements)… Fait écho à La luge I dans le livre II et fait suite à Une vieille connaissance II. + parodie d'un élément des Rois Maudits, pour ceux qui connaissent…




« Vous avez réussi à venir ! » s'exclama Orodreth.

Meril accourut vers lui dans la neige, chaudement vêtue d'épaisse laine blanche et d'une mante bordée de fourrure.

« Mes dames de compagnie croient que je suis à mon cours de danse ! » expliqua la femme-elfe en riant.

Le fils d'Angrod, lui, était vêtu de vert sous son manteau bleu. Ses longs cheveux d'or étaient soigneusement coiffés, retombant en d'élégants rouleaux sur ses épaules devenues larges.

« Vous avez une bien belle poche à la ceinture », fit-il alors remarquer.

« Oh », fit Meril. « C'est une aumônière que le frère de mon époux m'a fait envoyer comme cadeau de mariage... »

Elle parcourut des doigts le tissu vert précieux, brodé de pierres précieuses et de perles.

« Il est vrai que Turgon est très riche », dit Orodreth.

« On dit que vous avez vu son royaume caché. Est-ce vrai ? »

L'elfe blond rougit brutalement.

« Oh non ! Je n'ai rien vu du tout ! »

Une brutale réminiscence du roi de Gondolin le bombardant de menaces au retour de son sauvetage par Ecthelion l'empêchait de parler.

« Mais pourquoi vouliez-vous que je vienne ici, de ce côté-ci de la montagne ? » demanda Meril.

« J'ai quelque chose à vous montrer ! » s'exclama le jeune prince.

Sur ces mots, il sortit une grande luge rouge de derrière un buisson. La princesse en joignit les mains de joie.

« Cette luge... »

« Ce n'est pas la même que celle que nous utilisions, ni la même pente, mais... »

« C'est magnifique !  »

« Je vais l'essayer avant, c'est plus prudent... » jugea Orodreth.

Il porta la luge en haut de la pente, qui était plutôt raide, et s'assit dessus. La première partie de la glissade se déroula parfaitement, mais la deuxième vit le traîneau dévier, heurtant une pierre, se retourner et expulser le fils d'Angrod, qui fit une roulade involontaire.

« Oh non ! »

Meril courut jusqu'à l'accidenté. Celui-ci tentait de se relever difficilement ; il cracha quelques flocons de neige.

« Vous êtes blessé ? »

« Un peu contusionné, seulement... » gémit-il.

La douleur creusait ses joues, et il sembla reprendre momentanément les traits chevalins de son adolescence.

Meril sourit.

« Où avez-vous mal ? »

« Aux bras et aux genoux surtout », répondit-il en bougeant son grand corps avec difficulté. « Peut-être devrions-nous rentrer... »

La femme-elfe fit la grimace.

« Je n'ai pas envie de rentrer… Pas maintenant... »

« Pourquoi ? »

Elle baissa la tête, pâle.

« Parfois… Parfois j'aimerais revenir en ce temps-là… Dix ans en arrière… Quand nous jouions ensemble... »

Ses yeux s'embuèrent.

« Mais j'étais si stupide ! Oui, j'aimerais revenir en ce temps-là, et je ne referais pas les mêmes erreurs ! »

« De quelles erreurs parlez-vous ? »

« Je croyais... »

Des larmes coulèrent sur ses joues.

« Ne pleurez pas ! » s'exclama Orodreth en lui prenant les mains.

Meril leva la tête vers lui, le petit-fils de Finarfin. Elle sentait ses mains contre les siennes. Son corps grand et charpenté était tout près du sien. Il la regardait de son regard bleu si familier, celui avec qui elle avait partagé de nombreux moments de joie, et qui maintenant lui perçait le coeur et le ventre.

Soudain, sans qu'elle sut comment c'était arrivé, elle sentit ses lèvres toucher les siennes. Ce fut un baiser étrange. Jamais elle et Fingon ne s'étaient embrassés ainsi. Elle eut l'impression qu'elle fondait, comme de la neige, mais quelques secondes après, elle avait tout oublié.

Le visage d'Orodreth exprimait un mélange d'incrédulité et de bonheur idiot. Mais il changea brutalement, pour ne montrer plus que l'effroi.

« Par Eru ! J'ai embrassé la femme de l'héritier du trône ! Je vais être roué, écartelé, brûlé vif, jeté du haut des remparts !!! »

« Je crois que vous exagérez un peu… Et puis personne n'est au courant ! » s'exclama Meril.

« Et si on nous avait vus ? Quand votre mari saura... »

La jalousie remplaça soudain la peur. Le finarfinien eut maintenant l'air malheureux.

« Quelle chance il a… d'être à vos côtés, et de vous embrasser aussi souvent. »

« Il n'a pas l'air d'aimer cela ! » le contredit Meril. « A chaque fois, il cligne des yeux après. »

Orodreth se gratta le menton, songeur.

Meril lui prit le bras.

« Ne voulez-vous pas m'embrasser à nouveau ? » demanda-t-elle d'une voix douce.
Tags: maudits silmarils
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