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Maudits silmarils, livre II : Le sacrifice (Fingon, Fingolfin, PG)

Se passe trois mois avant le mariage de Fingon. Celui-ci va voir son père...



Quand Fingon entra dans les appartements royaux ce matin-là, un valet était occupé à ajuster sur le monarque le manteau royal.

« Bonjour, mon fils. Il y a une urgence ? »

Le prince regarda le valet.

« C'est très personnel. »

Fingolfin lui fit signe de sortir.

« Alors, qu'y-a-t-il ? » demanda-t-il à son fils en finissant d'ajuster lui-même son manteau.

« J'ai beaucoup réfléchi », dit Fingon. « Et je crois que je ne veux plus épouser Meril. »

Les sourcils de son père se haussèrent légèrement.

« Es-tu sérieux ? Vous êtes déjà fiancés, et les festivités de la noce sont programmées... Quelle est la raison d'un tel revirement ? »

« Je... » Fingon leva les yeux vers le plafond. « Je crois que je ne l'aime pas. »

« Allons donc. Vous vous entendez parfaitement bien. Je vous ai encore vus vous réjouir autour d'un morceau de chiffon pas plus tard qu'hier. »

« Oui, je l'aime bien... Mais... Ce que disent les chansons et les poèmes qui parlent d'amour... Ce n'est pas ce que je ressens pour elle. »

« As-tu déjà ressenti cela pour quelqu'un au moins ? »

« Non », avoua Fingon.

« Peut-être parce que de tels sentiments n'existent pas », répondit son père. « Ou quand ils existent... Ils sont uniquement passagers. Presque tous les elfes se marient un jour ou l'autre. Certains couples éprouvent de tels sentiments passionnés ; ils fondent une famille, ils ont des enfants... Puis les enfants grandis, l'homme et la femme se rendent souvent compte qu'ils n'ont rien d'autre en commun que leurs enfants, et le souvenir de ce sentiment qu'ils n'éprouvent plus. Ils s'éloignent alors l'un de l'autre, et se consacrent à leurs autres passions. Tu n'éprouves pas d'amour pour Meril ? Je dirais tant mieux. Vous vous appréciez en tant que personnes. Vous ne vous querellerez pas inutilement. Même si tu ne l'aimes pas, elle te donnera des enfants, et ces enfants seront un bien que tu chériras, et tu ne connaîtras pas l'amertume du souvenir de quelque chose qui fut et n'est plus. »

Fingon sembla vouloir poser une question, mais il se tut.

« Qu'en penses-tu ? » reprit le monarque. « Vous faites un très beau couple toi et Meril. C'est ce que pensent les gens, et les Sindar sont très heureux que la future femme du dauphin soit de leur race. »

« J'aimerais pourtant... J'aimerais connaître ce sentiment, même s'il finit par disparaître », opposa Fingon. « Ici en Endor, tout finit par disparaître... Mais cela a tout de même de la valeur, et cela existe... Je voudrais épouser une femme que j'aime. Comme toi et Turukano. »

Fingolfin fit la grimace.

« Et si tu ne la trouves jamais ? Resteras-tu sans enfant ? Qui me succédera si je viens à mourir ? »

« Il y a Turukano, Irissë... »

« Ton frère a son propre royaume. Et ni Irissë ni Idril ne sont mariées et n'ont d'héritier. »

« Findarato... Angarato... Aikanaro... »

« Ils ont également leur propre royaume. Hithlum doit avoir son prince attitré, un prince qui connaît la région et ses habitants. Et les fils de Finarfin ne pourraient garder la couronne sans que ceux de Fëanor ne réagissent. Ce serait alors le recommencement d'une lutte fratricide, et le règne de manipulateurs malveillants. Est-ce ce que tu souhaites ? »

« Non Père... Mais... »

La voix de Fingon se voila.

« Je ne veux pas l'épouser, je ne l'aime pas. Je ne l'aime pas. »

Les yeux de Fingolfin s'allumèrent.

« Aimes-tu ton peuple ? »

« Bien sûr. »

« Alors fais-le pour lui. Pour éviter de nouveaux conflits. »

« Père, c'est trop me demander... »

Les yeux du prince s'emplirent de larmes.

« Est-ce que vous m'aimez ? Est-ce que vous aimez votre fils ? N'ai-je pas toujours été un bon fils ? »

Fingolfin eut l'air surpris.

« Bien sûr que je t'aime. »

« Alors laissez-moi choisir...Par pitié... Ne me demandez pas un tel sacrifice... »

« Je t'aime, mais j'aime aussi mon peuple. Et j'ai pitié de lui, comme j'ai pitié de toi. Connais-tu le dernier recensement concernant les royaumes des Noldor ? Combien de sujets ? »

« Deux millions à peu près... »

« Comprends-tu ? » déclara alors froidement Fingolfin. « Tu es une personne sur deux millions »

Fingon pâlit.

« Alors bien sûr, que tu dois te sacrifier. »

Le roi joignit les mains, et baissa les yeux.

« Je ne te forcerai pas », ajouta-t-il. « Mais tu dois réfléchir encore, avant de renoncer. Donne-moi ta réponse la semaine prochaine. »

Le vaillant prince hocha la tête.


La semaine suivante, il dit à son père qu'il acceptait de se marier avec Meril.
Tags: maudits silmarils
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