Bouche-trou pour sociopathes (petite_dilly) wrote,
Bouche-trou pour sociopathes
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Maudits silmarils, livre IV : Les étudiants III (PG)

Peut se lire comme une scène indépendante, sans être spoilé sur l'intrigue. Elle se situe dans l'arc de l'enfance de Penlodh (voir Penlodh II puis L'inscription).
Ça faisait plusieurs mois que des bribes traînent dans mon fichier de brouillon (et encore plus dans mon esprit)...

Findarato = nom valinorien de Finrod
Pendelot = pareil pour Penlodh



Tyaronolë, professeur d'histoire naturelle, attendait dans un couloir de l'académie valinorienne. Une nouvelle année universitaire commençait pour lui, mais aussi une nouvelle classe : il n'était encore jamais venu dans cette aile de l'Ecole des Quatre Arts, construite juste derrière la Basilique du Savoir, tous deux hauts fleurons de l'architecture noldorine naissante. La galerie dans laquelle il se trouvait était elle-même décorée d'une multitude de motifs géométriques, qui s'entrelaçant, formaient les figures diverses de la création. Comme le cours précédent n'était pas encore terminé, il y croisa un certain nombre d'élèves et de professeurs. L'un d'entre eux s'arrêta : un collègue reconnaissable à sa robe d'un bleu profond.

« Ah, c'est toi qui les as maintenant ? » s'étonna-t-il.

Il désignait du menton la salle de cours se trouvant derrière la porte en chêne aux reliefs dorés d'argent fin.

« Oui, tu les as toi aussi ? » répondit Tyaronolë. « On m'a dit que c'était un groupe spécial. »

« Oui, ça fait cinq ans que j'ai ce groupe maintenant… C'est très intéressant… Bien que fatiguant... Enfin, tant que tu n'as pas Findarato cette année, tu devrais survivre... »

Il sourit. Tyaronolë ne connaissait pas d'étudiant nommé Findarato, mais il voulait bien croire que la classe était fatiguante, étant donné les cernes qu'arboraient son collègue.

Ce dernier crut bon de compléter ses dires.

« L'important, c'est de leur donner à manger. Tu comprends ? »

Tyaronolë hocha la tête machinalement. L'autre lui posa une main sur l'épaule.

« Je te laisse, j'ai cours. »

Il s'éloigna. Quelques instants plus tard, la porte de la salle de classe s'ouvrit. Un autre professeur en sortit, aux yeux lui aussi caves et cernés. Il ne prononça pas un mot et disparut dans la galerie, l'air absorbé.

Tyaronolë fit son entrée dans la classe, une petite salle à chaire en bois, à laquelle faisait face quatre rangées de gradins, eux aussi en bois de chêne. Les deux premiers rangs étaient occupés par cinq petites filles, les deux derniers par huit garçons, filles et garçons étant séparés selon la coutume. Aucun d'eux ne dépassait les ving-cinq ans. (= environ douze ans chez les humains) Tous étaient frêles, très maigres, trop maigres.

Etonné par leur jeune page, le noldo se présenta à eux, puis il fit l'appel, et commença son cours.

Les enfants se tenaient tous bien droits, prenant des notes de leur calame, sur leur tablette de cire. Et si les yeux des Eldar sont brillants, et encore davantage ceux des Hauts-Elfes d'Aman, les yeux de ces enfants étaient encore plus lumineux – fixes, attentifs, phosphorescents. Aussi intelligents que ses étudiants adultes ils étaient, et avides de savoir.

« Dites-moi en plus ! » répétaient-ils constamment, le regard flamboyant, mais si maigres, pitoyablement maigres, comme en danger de mort imminente.

Des oisillons dans le nid ouvrant le bec, se dit l'elfe adulte, consentant à les nourrir, à les nourrir toujours plus.

Il ne vit pas passer l'heure de cours, mesurée par la clepsydre. Il libéra les élèves, qui quittèrent la salle, mais le dernier d'entre eux rejoignit calmement l'estrade au lutrin, sa tablette de cire encore dans les mains.

« Merci beaucoup pour ce cours, professeur », commença par dire l'enfant  à l'air modeste – était-il noldo ou vanya ? –.

« Tu n'as pas à me remercier. »

L'élève baissait les yeux.

« Je ne voudrais pas vous déranger, professeur. J'ai noté quelques questions que j'aurais aimé vous poser, concernant votre leçon. »

Il lui tendit sa tablette, levant vers lui ses yeux phosphorescents. Tyaronolë y recensa une bonne vingtaine de questions.

« Pendelot, je vois que tu as bien suivi le cours. Je répondrai à ces questions avec plaisir. »

L'enfant s'inclina.

« Je vous remercie, Professeur. »

Il quitta la pièce. Tyaronolë regarda sur sa liste ; il s'agissait d'un boursier ayant bénéficié des largesses de son altesse Nolofinwë, qui venait de lancer un programme d'éducation. Puis il se rassit, déjà fatigué. Oui, ces élèves étaient épuisants... Mais il avait eu bien pire par le passé. C'était toujours mieux que cet étudiant arrogant qui venait en cours avec son chien, par exemple. Quelle plaie, celui-là !


Tags: maudits silmarils
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