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Maudits silmarils, livre III : Une vieille connaissance II (PG)

Suite de l'arc du mariage d'Untel avec Unetelle, après que le Vieux ait tenté de vivifier les ardeurs d'Untel avec un livre érotique (ce qui bien sûr échoua). Ne pas lire cette scène si vous n'avez pas lu les autres scènes de l'arc !



Il n'y avait guère de plaisirs désormais, dans la vie de la princesse Meril. Il restait cependant celui de se choisir une belle tenue à l'aube, d'en changer le soir, et de se faire appeler « Princesse ». Ce matin d'hiver, elle avait choisi son plus beau manteau à fourrures, seulement pour sortir dans les jardins suspendus de la cité, où il avait abondamment neigé durant la nuit. Cela plairait sans doute à son époux, mais elle avait bien fini par comprendre que c'était le manteau qui lui plairait, non la personne qui le portait.

Et c'est en ressassant ces tristes pensées, les yeux humides, qu'elle sortit seule, sans ses dames de compagnie. Dans le parc, et la cité en contrebas, couverts d'un édredon blanc gelé, tout lui sembla éteint et mort. Elle toucha de son gant en daim bleu la couche humide qui mouilla le vêtement luxueux. La feuille était encore verte sous la neige – n'y avait-il pas là néanmoins l'annonce du printemps à venir ? Un grand bruit s'éleva de l'est : c'était le passage des cygnes migrateurs.

« Par Eru ! »

La jeune elfe sursauta, puis se tourna dans la direction d'où provenait la voix. Un homme venait d'entrer dans le jardin, et se dirigeait vers elle. Il s'arrêta d'abord à un mètre d'elle, puis se rapprocha, à son grand émerveillement. Car elle n'avait jamais vu d'aussi beau damoiseau que cet elfe : il était grand, plus grand que le roi lui-même, et bien bâti. Ses cheveux étaient dorés comme de l'or, et retombaient en torsades élégantes sur son pourpoint de soie. Ses yeux étaient bleus comme des saphirs, et ses dents étaient semblables à des perles.

« Cela fait si longtemps que nous ne nous sommes pas vus », dit alors l'inconnu.

Meril, confuse, balbutia : « Mais qui êtes vous ? »

« Vous ne me reconnaissez pas ? Artaresto ! »

Elle fit un signe de dénégation.

« Orodreth ! »

La fille de Gildin en resta bouche bée. L'elfe baissa les yeux, les joues roses.

« Ma mère dit que j'ai beaucoup changé. Le roi m'a envoyé chez le seigneur Hérahesto. Il m'a entraîné au combat… Et j'ai fait beaucoup d'alpinisme. »

« C'est vrai que vous avez changé », dit Meril. « Mais je vous reconnais maintenant ! »

Il avait toujours les mêmes yeux, en réalité, et le même visage, bien que ses joues naguère creuses se soient remplies, et sa mâchoire soit devenue plus carrée.

« Vous vous souvenez, nous jouions à la luge quand il neigeait ! » rappela le fils d'Angrod.

« Oui ! Nous nous amusions bien ! »

Meril souriait à nouveau.

« Et maintenant vous voilà princesse, et moi, un chevalier digne de ce nom… Vous êtes une femme mariée à présent. »

Le sourire de Meril se défit. Elle sentit les larmes poindre à nouveau à ses yeux.

« Qu'avez-vous ? » dit Orodreth.

« C'est parce que je suis heureuse », mentit-elle en essuyant ses larmes.



(il y a bien sûr un parallèle avec cette autre scène plus ancienne)
Tags: maudits silmarils
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