Bouche-trou pour sociopathes (petite_dilly) wrote,
Bouche-trou pour sociopathes
petite_dilly

Maudits silmarils, livre II : Le séminaire I (Russingon, Maglor, guests, PG)

J'ai enfin commencé à écrire le chapitre suivant, dont cette partie est le début (le chapitre s'intitulera "Maedhros le Magnifique" - en anglais "The Great Maedhros" lol).
C'est une phrase de cette scène que j'avais en tête depuis longtemps qui m'avait au final inspiré le Sauron du chapitre du Chat...
Bon j'ai du mal à écrire en ce moment car mon cerveau est comme ramolli, je ne sais pas si c'est la fin de l'année ou le covid (depuis des mots semblent s'effacer de mon disque dur).



Chapitre 17 : Maedhros le Magnifique


Le séminaire

Maedhros avait reçu le nouveau catalogue des Nains de Belegost, et s'était retiré dans son étude pour examiner le rouleau.

« Les plans des balistes ? » s'enquit Maglor, entrant dans le bureau.

« Non, ce sont les dernières créations des Naugrim d'Ered Luin... Que dis-tu de cette pique à cheveux en forme de fleur ? Elle est magnifique, n'est-ce pas ? Je suis sûre qu'elle plairait à Findekáno ! »

Maglor poussa un soupir.

« Je croyais que tes finances n'étaient pas au plus haut... Est-ce que les balistes ne sont pas plus urgentes ? »

« Oui, tu as raison... » dit Maedhros, en fermant à regret le catalogue.

« À ce propos, Curufin m'a parlé d'un séminaire sur la poliorcétique qui aura bientôt lieu en Himlad. Ce serait une bonne occasion de nous mettre à jour... Qu'en penses-tu ? »

« Ça peut être une bonne idée. »

* * *


Quand la date du séminaire approcha, Maglor proposa à son frère de prendre en charge la gestion de la forteresse, comme il l'avait déjà fait lors de son voyage à Eithel Sirion. Maedhros lui ferait un compte-rendu à son retour des dernières avancées en matière de technique défensive.

La conférence se tenait dans une petite bourgade, qui était la capitale du royaume d'Himlad. Les maison en étaient surélevées, avec des toits pointus – une caractéristique architecturale due aux hivers neigeux qui enterraient rapidement les habitations sous les congères. La « patte » de Curufin se reconnaissait ici et là, dans les ferronneries des portes, les girouettes ouvragées au sommet des édifices, et surtout les portails de l'école de métallurgie qu'il dirigeait.

Maedhros passa la soirée avec ses frères, et fut heureux de revoir son neveu Celebrimbor. Curufin et Celegorm avaient cependant l'air embarrassés. L'aîné se demanda s'ils n'avaient pas une mauvaise nouvelle à lui transmettre, mais retardaient l'échéance.

Le séminaire avait lieu trois jours plus tard, dans une des salles de l'école de métallurgie. Quand Maedhros y fit son entrée, il constata que presque tous les sièges qui entouraient la grande table carrée étaient déjà occupés. Il y avait un des Naugrim, jeune selon toute vraisemblance ; une femme-elfe également, toute de vert vêtue, et enfin un Sinda richement costumé, aux cheveux artistement tressés. Devant la table, on avait placé un grand chevalet sur lequel était fixé un assemblage de grandes feuilles étonnamment blanches pour du parchemin. Mais nulle trace de plan ou de maquette d'engins de siège, pour le moment.

Le seigneur d'Himring salua les présents, en déclinant son identité, puis il prit place sur le dernier siège, adressant à ceux qui l'entouraient des regards invitant à la discussion.

« Daeron », dit alors laconiquement le Sinda, d'une voix froide.

« Bili, de Nogrod », déclara à son tour le Nain, assis à droite de ce dernier. « Je suis à votre service, et celui de votre famille ! C'est un honneur de vous rencontrer, Seigneur Maedhros, j'ai beaucoup entendu parler de vous. »

Puis il se tourna vers Daeron, plus raide que jamais.

« Je suis également un grand admirateur de votre œuvre ! » affirma le Nogoth.

Le barde sembla se décrisper.

« Ah ? Mon dernier lai ? »

« Non, les runes ! » précisa Bili. « Une écriture droite et bien nette, si naine dans sa forme, qu'on pourrait la croire produite par Durin lui-même ! »

Le visage de l'elfe se tordit, comme s'il venait de toucher par surprise quelque chose de repoussant du bout des doigts.

Maedhros comprit qu'il fallait réorienter la discussion.

« Et vous ? » dit-il, en s'adressant à la seule femme de l'assemblée.

« Lana, je viens d'Ossiriand », expliqua-t-elle. « Je connais bien vos frères, à la couleur de cheveux semblables aux vôtres... Eux me qualifient de "chef de clan", bien qu'il n'y ait pas de chose semblable chez les Laiquendi. Nous pratiquons l'autogestion, et j'ai été élue lors d'une assemblé générale. »

« Alors vous êtes venue pour des tours mobiles, peut-être ? » s'interrogea Maedhros. « Mais vous, Daeron ? Je ne savais pas que vous vous occupiez des systèmes de défense... Ou alors, à travers votre chant... »

Le ménestrel eut l'air interloqué.

« De quoi parlez-vous ? »

« Hé bien, la polior-... » commença Maedhros.

Mais il n'eut pas le temps de terminer sa phrase, car ce fut à ce moment précis que le formateur fit son entrée. C'était un elfe de taille moyenne aux cheveux cendrés et aux yeux marrons.

« Bonjour à tous », dit-il, avec un large sourire.

« Bonjour », répondirent les participants en cœur – sauf Maedhros, qui ne s'y attendait pas.

Le conférencier se positionna devant le tableau à feuilles mobiles.

« Je veux d'abord que vous sachiez que tout ce que vous direz ici restera strictement secret, et que le but de cette réunion est d'apprendre, et cela dans la plus grande bienveillance. »

Le fils de Fëanor fronça les sourcils. La dernière fois qu'il avait entendu le mot « bienveillance », c'était à Angband.

« Cependant, ce n'est pas moi qui vais vous enseigner », poursuivit le formateur d'une voix mielleuse, « mais vous qui allez apprendre de vous-mêmes... Et même moi qui vais apprendre de vous ! »

Le ton triomphant de l'elfe ne sembla pourtant pas atteindre Bili, qui sembla d'un coup déçu.

« Nous en arrivons donc au sujet de notre séminaire », annonça le conférencier.

Il tourna la première page, blanche, de son tableau mobile, sur lequel avait été écrit un titre, qu'il lut à voix haute.

« La dépendance affective, comment s'en sortir ? »


Si le cri de rage que poussa Maedhros s'était exprimé ailleurs qu'à l'intérieur de son esprit, Maglor l'aurait probablement entendu depuis Himring.



Tags: maudits silmarils
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