Bouche-trou pour sociopathes (petite_dilly) wrote,
Bouche-trou pour sociopathes
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Maudits silmarils, livre IV : La pitié (Pendodh, G)

Comme toujours livre IV donc spoilers, c'est à vos pertes et profits comme dirait Yvain (ou Gauvain). Pendelot est le nom originel en quenya de Penlodh, adaptation sindarine.




Penlodh s'enveloppa dans un manteau et quitta le palais pour rejoindre sa villa. Quand il fut dans la rue des Arches, la neige commença à tomber. L'elfe s'arrêta pour regarder la neige ressortant sur le décor noir tout autour de lui. Cela semblait lui rappeler quelque chose. L'espace d'un instant, la colonne du portique devint un arbre.

La neige tombait en silence ; les arbres dans le bois étaient sombres. Il n'y avait ni soleil ni lune, ni lumière des arbres, et les nuages masquaient la lumière des étoiles. Pendelot s'était éloigné de son groupe pour chercher des simples. Certaines plantes utiles pour les soigneurs, qu'il connaissait en Valinor, poussaient ici également, au Nord de cette contrée inconnue si inhospitalière.

L'elfe s'enfonça dans le bois. La neige traversait ses gants en peau, tandis qu'il l'écartait pour examiner les plantes. Il remplissait son sac au fur et à mesure, mais la récolte était maigre ce jour. Il envisagea de remplir un autre sac d'aiguilles de pins ; un bruit de craquement et de souffle l'en retint. Préparé à faire face au danger, il posa la main sur la garde de son épée, et regarda tout autour de lui, en prenant soin de demeurer immobile.

Une forme voûtée se tenait contre un arbre, à une dizaine de mètres de lui. Le regard de Penlodh s'aiguisant, il s'aperçut vite que ce n'était qu'un elfe. Un homme semblait-il, très grand, habillé de fourrures, de longs cheveux d'un noir profond sortant de sa capuche. Il s'appuyait contre l'arbre, le visage grimaçant de souffrance.

Est-il blessé ? s'interrogea le conseiller de Fingolfin. Il relâcha sa main droite, et s'approcha.

Mais il comprit à ce moment-là qu'il avait commis une faute : car si l'homme souffrait, il n'était pas blessé. Du moins physiquement... Des larmes amères coulaient sur ses joues, alors qu'il élevait son profil vers l'arbre.

« Il pleure », comprit Penlodh. « Il est venu ici seul pour pleurer. »

Alors il le reconnut à ses vêtements et sa taille : c'était Turukáno, le fils cadet de Nolofinwë, dont la femme avait péri dans les glaces, juste avant que les Noldor ne gagnent ce rivage.


Tags: maudits silmarils, silmarillion
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