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Maudits silmarils, livre II : La Querelle – partie 1 (parents d'Ecthelion, Valinor, PG-13

La rencontre entre les parents d'Ecthelion, à Valinor... (apparemment Maglor était le leader d'une sorte de groupe de K-pop)



« Toutes les rencontres ne sont pas romantiques », fit remarquer Egalmoth. « Tenez, les parents d'Ecthelion, qui se sont rencontrés lors d'un match de pancrace... »

« N'importe quoi ! » protesta l'intéressé. « Ils sont tombés amoureux en se battant en duel à l'épée, l'un contre l'autre, durant un jour et une nuit ! »

« Et moi je vous dis qu'ils se sont rencontrés lors d'un tournoi de pancrace ! »

« Je sais mieux que vous quand même ! »

« Il a raison », dit Glorfindel. « Je m'en souviens ! »


300 ans auparavant.

« Quelle beauté... » ne pouvaient s'empêcher de murmurer les Valinoriens de toutes origines qui stationnaient dans la Stoa du Palais des Arts. Sur l'estrade de pierre, éclairé par la lumière tombant d'une myriade de minuscules ouvertures percées dans le plafond, un groupe de musiciens jouaient. Ils portaient sur leurs vêtements l'étoile de Fëanor, l'emblème du fils aîné de Finwë, le plus doué de tous les Elfes Profonds.

De tous ces Eldar magnifiques, celui qui jouait de la harpe était certainement le plus beau. Ses pommettes hautes et taillées en biais mettaient en valeur de manière exquise ses longs yeux et sa bouche large et dessinée. Ses cils étaient longs et inhabituellement fournis, ses cheveux noirs, lisses, possédaient des reflets argentés rappelant le minerai de graphite. Les jeunes filles se pâmaient dès qu'il commençait à jouer ou leur adressait une oeillade. Il n'était pourtant pas noble : il n'avait pas de blason personnel.

L'amie de Fanalossë lui avait fait faire un détour jusque ici, pour écouter le groupe. D'habitude, ils jouaient avec Maglor, le grand chanteur de la famille royale, mais cette fois, ce dernier n'était pas là.

« Quel est ce joli-coeur ? » dit la future guerrière avec mépris.

« C'est Korma le Beau, de la Maison de Kanafinwë… On dirait un maia tant il est divin ! »

« Pff… Je ne vois pas ce tu lui trouves. Cela se voit qu'il porte du maquillage. »

« CHUT », fit un auditeur.

Fanalossë haussa les sourcils, qu'elle portait toujours dédaigneux sous son court front bombé. Elle était très grande, aussi grande qu'un homme, et très musclée. Ses cheveux brun foncé aux reflets chauds étaient noués en tresses à l'aide de simples lacets de tissu. Elle portait les vêtements pratiques et ajustés des athlètes, ce qui mettait sa silhouette androgyne en valeur. Dans son dos, on ne pouvait que remarquer le carquois fermé marqué du sigil du deuxième fils de Finwë, Nolofinwë Ingoldo, appelé plus tard Fingolfin.

Au bout de quelques minutes, la musique la gagna, elle aussi. Elle regarda plus attentivement le rhapsode.

« Franchement, il ressemble à une fille », murmura-t-elle à son amie. « Je suis plus musclée que lui. »

« Chut... » fit à nouveau l'un de leurs voisins.

« J'ai le droit de parler à mon amie », dit Fanalossë. « C'est un portique publique, pas un théâtre. »

« CHUT ! »

Cette fois, Korma cessa de jouer, bientôt suivi par ses compagnons musiciens.

« Que se passe-t-il ? Pourquoi interrompez-vous notre musique ? »

Sa belle voix se fit entendre pour la première fois, froide et sonore dans la grande allée des Vanyar et des Noldor.

« Je ne désirais pas vous interrompre », répondit fièrement Fanalossë. « Je disais juste quelque chose à mon amie... »

Le musicien la balaya du regard ostensiblement, s'arrêtant sur les yeux gris flamboyants, les épaules nues et fortes, la poitrine à peine visible mais ferme, la taille fine, les longues jambes fuselées aux cuisses musclées...

« Tu es assez jolie », apprécia-t-il.

« C'est faux ! » répondit-elle en rougissant.

« Laisse... » dit le flûtiste du groupe, avec un sourire narquois. « C'est une partisane du Bâtard. Regarde son carquois... »

« Qui tu appelles Bâtard ?! » s'exclama Fanalossë. « Ton sorcier qui passe son temps terré dans son antre, fils d'un ancien mariage passé et révolu ? »

Le flûtiste en resta d'abord bouche bée. Puis il ouvrit son étui à flûte et en sortit une épée récemment forgée. Il y eut des murmures dans l'assistance : nombre d'entre eux n'avaient jamais vu d'épée : pour eux c'était un instrument de cuisine ou de menuiserie, mais démesuré, manifestement dédié à tuer, comme aux temps sauvages et douloureux de Cuiviénen.

Le Fëanorien brandissait son arme, en direction de la femme-elfe.

« Retire ce que tu viens de dire, chienne singeant l'autre sexe ! » s'exclama-t-il.

Fanalossë, enragée, prit son carquois et en sortit à son tour une épée.

« Tu vois, j'en ai une moi aussi ! Et j'ai appris à m'en servir ! »

Les murmures redoublèrent, cette fois de peur.

« Arrêtez ! » s'exclama brutalement Korma.

Tout le monde se tut. Le joueur de harpe descendit les quelques marches qui séparaient l'estrade de pierre du reste de la Stoa, calme et hiératique.

Une fois debout, on percevait qu'il était grand, et sa démarche témoignait d'un entraînement physique poussé. Il s'arrêta devant Fanalossë.

« C'est moi qu'elle a insulté en premier, avant d'insulter notre seigneur. C'est donc moi qui vais l'affronter. »

Il glissa sa main droite sous sa longue chasuble sombre, et en sortit un sabre.

« Tout le monde a une arme ?! » s'étonna un elfe blond vêtu de vert, dans le public.

« Soit », dit Fanalossë. « Je vais abîmer ton joli minois. »



(à suivre)

Tags: maudits silmarils, silmarillion
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