Bouche-trou pour sociopathes (petite_dilly) wrote,
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Maudits silmarils, livre III : Le devoir conjugal II (Fingon/Meril, Fingolfin, R)

Suite de l'arc du mariage d'Untel avec Unetelle.



Cela faisait maintenant six mois que Fingon faisait chambre à part avec sa femme, depuis son overdose de gingembre aphrodisiaque. Son père vint lui rendre visite.

« Mon fils, les médecins m'ont dit que tu avais recouvert la santé, et que tu allais pouvoir à nouveau partager le lit marital. »

Fingon hocha la tête, mais il ne semblait guère joyeux. Ces six mois durant lesquels il avait pu retrouver sa liberté avaient été fort plaisants.

« J'ai un présent à t'offrir », dit alors Fingolfin, lui tendant un livre. « Ce recueil d'art érotique. »

Le prince regarda son père avec incrédulité ; mais ce dernier avait l'air on ne peut plus sérieux.

« Mais… Pourquoi faire ? »

« Tu pourras le consulter, avant de… remplir ton devoir conjugal. Tu verras qu'il y en a pour tous les goûts. Je suis sûr que tu trouveras ton bonheur. »

Le Grand Roi des Noldor tourna les talons, laissant Fingon seul avec son livre – ainsi que le souhait soudain de se constituer prisonnier auprès de Morgoth.

* * *

Le soir venu, le prince commença à le feuilleter par curiosité, pendant que Meril revêtait ses vêtements de nuits dans la salle adjacente.

La première image représentait une femme elfe, dont la robe en partie baissée laissait voir – détail censé être érotique ? se demanda Fingon – son épaule nue. Il jeta le livre sur le lit, puis se dirigea vers son cabinet de bain personnel.

Quand il en revint, Meril s'était installée dans leur couche ; elle avait visiblement ramassé l'ouvrage donné par Fingolfin, et le parcourait avec des yeux curieux et des joues roses. Elle était si attentive et studieuse dans sa lecture qu'elle ne le vit pas entrer.

« Meril », dit Fingon.

« Oh, tu es là... » répondit-elle, les joues encore plus roses.

« Tu as trouvé le livre… C'est Père qui me l'a offert. »

« Je ne pensais pas qu'il lisait ce genre de livres. Il a toujours l'air si sérieux. »

« Je ne pense pas non plus… C'était seulement… une sorte de cadeau. »

« C'est très intéressant », dit Meril, « comme ouvrage. Il y a beaucoup de choses que je ne savais même pas possible. Par exemple, ici, il y a une elfe teler qui est amoureuse d'un calmar. »

Fingon fronça les sourcils, et jeta un coup d'oeil à l'estampe. On y voyait, sur une plage écumeuse éclairée par les étoiles, une femme aux cheveux lunaires enlacée par les tentacules d'un céphalopode géant – un tentacule s'était enroulée autour de l'un de ses seins ronds et dénudés, un autre disparaissait à l'intérieur de sa robe.

« C'est à la fois... bizarre et répugnant », jugea le prince.

« Et regardez ici », ajouta Meril, aux joues toujours roses. « Un mari qui embrasse sa femme à un endroit auquel on ne s'attendrait pas. »

Fingon ne regarda pas. Il n'avait pas envie de savoir.

« Celui-ci également… Regardez le dard de cet homme… Il est absolument énorme. »

Le regard du vaillant combattant cette fois se laissa intéresser. L'image représentait un elfe noldo sur le point d'insérer son… épée, dressée et rouge de feu, à l'intérieur d'un sexe féminin.

Fingon sentit une douleur dans son bas ventre.

« C'est vrai qu'il est énorme », dit-il. « Aucun homme n'en a d'aussi gros en réalité. »

Meril sembla déçue par cette remarque. Elle tourna la page. La suivante était une gravure comique, montrant des Nains affublés à nouveau d'énormes membres virils.

Elle rit.

« Vous savez, il y a de tout dans ce livre, il est vraiment très amusant », dit-elle, en s'humectant les lèvres. « Il y a même des elfes mâles avec d'autres elfes mâles. »

Fingon se raidit.

« Regardez, c'est trop drôle », dit-elle, en lui tendant le livre.

L'illustration représentait un berger dévêtu, embrassant un autre berger, et posant une main sur sa cuisse nue. Le prince pâlit. Le premier berger avait des boucles d'or, le second de longs cheveux roux, et son visage ne lui était pas inconnu. Encore un artiste qui avait pris Nelyafinwë Maitimo pour modèle...

Fingon referma le livre, l'air triste.

« Qu'est-ce vous avez ? » demanda Meril.

« Je suis fatigué », dit-il d'une voix éteinte. « Je crois que je ne suis pas encore tout à fait remis. »

Il lui redonna le livre, et se coucha de son côté.


Tags: maudits silmarils
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