Bouche-trou pour sociopathes (petite_dilly) wrote,
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La Silmarillion/M.Silmarils : La rencontre (Fingon, Maedhros, Maglor, PG)

La deuxième rencontre entre Maedhros et Fingon à l'âge adulte… La chanson est une chanson de Guillaume de Machaut dont j'imaginais l'interprète avoir la voix de Fingon (voir ici). L'histoire du bois est en partie inspirée de la Caverne de la Rose d'Or (à laquelle j'avais déjà fait plusieurs clins d'oeil dans Maudits silmarils - Fantaghiro tire sur Romualdo dans un bois, et il voit juste ses yeux... plus tard il croit reconnaître ces yeux chez un jeune chevalier qui veut l'affronter) La méprise d'identité est typique du conte de fées par ailleurs...



Quand Maglor et Maedhros pénétrèrent dans la Salle du Feu du Palais de Finwë, qui était remplie à toute heure, un elfe mâle qu'ils ne connaissaient pas jouait de la harpe, écouté de tous ; sa voix, jeune, était un étrange alliage de pureté, de masculinité et de douceur – elle rappela à Maedhros certains cristaux fabriqués par son père, dont on peinait à détacher ses yeux.

Maglor s'inclina pour parler à son oreille.

« C'est le fou que nous avons croisé dans la forêt », dit-il.

Maedhros en douta d'abord. Il ne pouvait s'agir de l'elfe brun aux yeux saphir qui l'avait presque touché avec ses flèches, et qui s'était amusé à sauter de branche en branche autour d'eux. Ce musicien n'en portait pas la tenue de forestier abîmée, mais une élégante qamis à la bordure brodée d'entrelacs, qui laissait voir ses clavicules et mettait en valeur ses larges épaules, sur lesquelles reposaient de longues tresses noires mêlées d'or. Rien à voir avec l'archer dépeigné qui les avait nargués il y a quelques heures encore … Son port de tête était noble, ses gestes gracieux. Mais sous ses paupières à demi baissées, on percevait l'éclat d'intenses iris bleues ; il chantait un poème d'Elemmirë, en quenya ancien.

Le fils aîné de Fëanor se trouva bientôt immobile, incapable de bouger et de détourner son attention du spectacle qu'offrait la Salle du Feu ce soir-là. La voix du musicien était entrée en lui comme un vin pourpre entêtant, et ses yeux à la couleur fugace le frappaient par à-coups délicats de plaisir et de douleur.

Quand l'artiste eut terminé, il regarda dans leur direction. Ses yeux, c'étaient bien les mêmes que ceux de l'archer de la forêt, et on aurait dit qu'ils jaillissaient jusqu'à lui pour lui serrer la poitrine.

« Qui est cet homme ? » demanda Maglor à l'un des badauds qui se trouvait là.

« Seigneur Makalaurë », répondit l'elfe en se prosternant. « Je crois qu'il s'agit de Findekáno, le fils aîné de Nolofinwë. »

Maglor n'en crut pas ses oreilles, bien qu'à y regarder de plus près, il y avait une ressemblance de traits entre l'archer harpiste fol et le premier fils d'Indis.

« Allons lui parler », dit-il à Maedhros. « Je crois qu'il nous doit quelques explications. »

Il s'avéra que Fingon fut aussi surpris qu'eux, en apprenant leur identité. L'affaire des facétieuses flèches perdues fut vite pardonnée. Les trois jeunes Noldor parlèrent musique, puis Maedhros et Fingon, abandonnés par Maglor qui avait une visite à faire, abordèrent d'autres domaines : les chevaux, la danse, le théâtre… Ils passèrent toute cette longue nuit valinorienne à discuter ensemble, en errant dans Tirion. Ce fut la première amitié à naître entre les deux familles, qui allait être suivie par de nombreuses autres, et l'on vit bientôt Nelyafinwë aussi souvent en compagnie de son cousin qu'il l'était de son frère le plus proche.


Tags: maudits silmarils, silmarillion, tolkien, voix des elfes
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