Bouche-trou pour sociopathes (petite_dilly) wrote,
Bouche-trou pour sociopathes
petite_dilly

Maudits silmarils : Chapitre 10, partie 2/2, béta (PG)

Ecthelion sera-t-il enfin considéré en tant que tel ?

Pour le titre du chapitre j'hésite entre...
- "Namarië" (il y a deux allusions au chapitre "Adieu à la Lorien" dans le Seigneur des Anneaux)
- "La route perdue" (titre d'un volume d'HoME)
- "La Voix de la Musique" (le surnom d'Ecthelion dans la Chute de Gondolin)

Cet épisode est un peu plus court que les précédents (7 pages)... C'est un peu un chapitre de transition...

A part ça je commence à mettre des chansons partout moi aussi ! Il faut que Maedhros en écrive une sur Fingon...




À Eithel-Sirion, Ecthelion et Belin s'aperçurent que Turgon et sa délégation étaient encore là. Le roi de Gondolin leur proposa de faire le voyage de retour avec eux, à condition qu'Ecthelion ne bouge pas du carosse dans lequel on le placerait.

« Messire, ça vous change de la charrette. »

« Vous plaisantez… Je vais encore être bloqué dans une boîte sans pouvoir bouger. »

Et disant cela, il regardait Turgon étrangement, en songeant à ce qu'il avait appris de sa tante… Il prit sur ses genoux Orcrist, l'épée qui avait été fondue avec le même minerai que Glamdring, sa sœur Jumelle. « C'est un grand honneur que vous fait le roi », avait dit Enerdhil. [Ndla : C'était dans le chapitre 48 du livre I.]

Belin insista pour qu'ils aillent voir les médecins des Maisons de guérison. Ils lui confirmèrent que ses jambes s'affermissaient et que dans un mois ou deux, il pourrait marcher sans cannes.

Le jour où ils partirent, Fingolfin assistait à un spectacle donné par les enfants de la ville. Il y en eut plusieurs qui vinrent placer une guirlande de fleurs autour de son cou.

« J'aurais aimé revoir le Grand Roy encore une fois », dit Belin.

« On le reverra peut-être lors d'un prochain voyage », dit Ecthelion.

« Oui… P't'être bien qu'oui Messire. »

Mais Belin ne revit jamais Fingolfin.

* * *


« Je n'aurais jamais cru dire cela », déclara Turgon à la Table Ronde, « mais je suis content d'être revenu. »

« Comment on est censé le prendre ? » s'interrogea Galdor.

« Ce n'est pas trop tôt », dit Egalmoth, « il y en a qui se prenaient pour le roi... »

« Qui ça ? » demanda Turgon.

« Seigneur Egalmoth », dit Penlodh en tassant ses papiers, « je vous trouve nerveux, ces derniers temps… À quoi cela peut-il bien être dû ? »

Le marchand, qui savait que Penlodh savait tout ce qui se passait sans cette ville, comprit l'allusion à la grève que lui faisait sa femme.

« Alors, quelles sont les nouvelles de la Capitale ? » demanda Duilin, soucieux de calmer l'atmosphère.

« Hé bien, tout d'abord, je n'ai pas eu l'occasion d'assister à ce concours, mais sachez qu'Ecthelion a remporté le grand prix de chant. »

Il y eut des applaudissements. Ecthelion n'en crut pas ses oreilles. C'était la première fois qu'on l'applaudissait à la Table Ronde.

* * *


Quelques jours plus tard, le roi marchait dans les couloirs du palais quand il fut surpris par le chant d'une magnifique voix d'alto, qui s'élevait, pure et aérienne comme le son d'une flûte.

« Quelle voix enchanteresse », songea Turgon. « Mais il ne me semble pas l'avoir jamais entendue... Je dois absolument savoir de qui il s'agit. »

Ses oreilles pointues frémissant, il suivit la piste de la Voix, et se retrouva bientôt dans la rotonde du dernier étage de la tour Est, où se trouvait seulement Ecthelion.

« Ah, Ecthelion, vous allez pouvoir m'aider. Vous avez entendu cette voix ? »

« Quelle voix ? »

« Elle vient de s'arrêter, mais cela faisait cinq minutes qu'elle chantait... Une voix de chanteuse, sublime... »

Le seigneur de la Fontaine était très pâle de nature. Son visage s'empourpra comme une carafe de lait dans laquelle on verse brutalement un verre de vin.

« Mais... c'était moi », bredouilla-t-il.

« Vous ? »

Turgon lui donna une tape paternelle sur l'épaule.

« Allons, ce n'est pas le moment de plaisanter. C'était une voix de femme, et je n'ai jamais entendu de voix aussi belle... À part celle de Maglor, mais dans un registre beaucoup plus masculin. »

« Mais puisque je vous dis que cétait moi ! », s'exclama Ecthelion. « Et ma voix ne ressemble pas à celle d'une fille ! »

« Je ne vous crois pas... »

« Bien... »

Le seigneur de la Fontaine se mit à chanter, et les yeux de Turgon s'écarquillèrent.

« Oh mon dieu Ecthelion... Je comprends pourquoi vous avez remporté le concours de chant. C'est tellement... paradisiaque quand vous chantez. Cela me rappelle Valinor et Elenwë. »

Il eut un sourire ému.

« J'ai toujours chanté comme ça », dit Ecthelion avec un air buté. « Ma mère disait que j'étais son petit oiseau. »

Le sourire ému de Turgon se transforma en un haussement de sourcils sceptique.

« C'est étonnant, quand on y réfléchit. »

Il se rappela ce qu'il lui était arrivé de dire lors d'un de ses récitals de flûte.

Je n'arriverai jamais à comprendre comment un tel bourrin peut jouer aussi divinement...

* * *

Le sujet devait revenir sur le tapis lors d'une séance de la Table Ronde. Tout le monde s'étonnait au récit, par Ecthelion, del'une de ses missions, lors de laquelle il avait maîtrisé un terrible serpent géant en lui jouant de la flûte.

« Vous êtes vraiment doué », déclara Turgon. « Et pas seulement pour la flûte. J'ai entendu dire que vous écriviez des morceaux dès l'âge de dix ans. »

Il y eut des murmures.

« Non mais là ça va plus », laissa échapper Egalmoth, d'une voix sarcastique. « Déjà qu'on dit qu'il est le plus beau... Maintenant c'est un génie musical, aussi ? Et quoi encore ? »

Salgant lui chuchota quelque chose dans l'oreille avec un air légèrement pervers.

« Oui, il y a ça en plus », se rappela Egalmoth.

Turgon joignit les mains.

« Vous avez un don pour la musique, Ecthelion », trancha-t-il. « Un don très rare, qui ne relève pas juste de la technique. Mais d'où vous vient-il ? »

« Ma mère disait que c'était parce que je suis un cœur sensible. »

« Vous, un cœur sensible ? »

Turgon éclata de rire. Et il ne fut pas le seul. Le visage d'Ecthelion se contracta péniblement.

« Mon petit Ecthelion, ne vous vexez pas... Mais s'il y a bien une personne qui n'a pas l'air d'être un cœur sensible... C'est vous. »

« Son père était un grand musicien, aussi... », finit par rappeler Enerdhil.

« Encore ça ! » maugréa Turgon.

« En quelque sorte, il baigne dedans depuis qu'il est né », renchérit Salgant. « Et Eru sait à quel point cela joue. »

De nombreux chevaliers hochèrent la tête à cette explication rassurante.

* * *
Cinquante ans plus tôt.
Dans la grande salle du château des Seigneurs de la Source, près de l'âtre, le seigneur avait accordé sa grande harpe. Il était sombre mais ses yeux clairs étaient pleins de lumière. Sur un petit tabouret, un jeune enfant elfe aux cheveux noirs était assis.

« Je veux vous entendre jouer tous les deux, ce soir », dit une grande femme brune. « Cette chanson de Maglor. »

Elle s'approcha, embrassa l'enfant sur son front.

« Chante, mon petit rossignol, chante ! »

L'enfant regarda son père, qui sourit. L'homme se mit à égrener les cordes de sa harpe d'or : c'était comme le son le plus pur qui soit, résonnant dans un palais céleste.

L'enfant commença à chanter.



Tous mes souvenirs...
sont dans la nuit étoilée.
Je lève les yeux vers eux
Mais ne peux les toucher.

Brillants, beaux et tristes !
Mon coeur se serre toujours
Quand je regarde les étoiles…

Les étoiles, et mon esprit,
Me disent toujours adieu…
Adieu ! À jamais ! Namarië !










La voix d'Ecthelion petit :




La voix d'Ecthelion adulte :



Tags: maudits silmarils, musique
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