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Maudits silmarils, livre II, chapitre 8 : Le bal, partie 3/3 (PG)

Allez, un de terminé...



Le bal battait son plein. Fingolfin avait quitté la table royale et s'approcha de son fils, alors occupé à déguster un verre de liqueur des Falas.

« Viens dans l'autre salle », dit le roi. « Il y a quelqu'un avec qui j'aimerais que tu danses. »

Fingon fronça les sourcils. Il savait ce que son père avait derrière la tête...

« Atar, j'ai déjà beaucoup dansé », répondit-il fermement.

« Allons », insista Fingolfin. « Je suis certain qu'elle va te plaire. »

« Je n'ai pas fini mon verre... », répondit Fingon. « Et je n'en ai pas envie, de toute façon. »

Le roi haussa les épaules.

« Je ne vais pas te forcer. Tu es le fils de ton père, après tout. »

Fingon sourit. D'un geste paternel, Fingolfin flatta de sa main la tête de ce fils qui lui ressemblait tant – n'étaient-ce les nattes.

« Oui, tu es le fils de ton père... », poursuivit le roi, souriant lui aussi. « Le fils à son papa... Qui vit toujours avec lui alors qu'il a plus de 500 ans... »

Son sourire se défit.

« Et qui n'est toujours pas marié ! », acheva-t-il sèchement.

L'air accablé, Fingon laissa son verre et se résolut à le suivre.

Dans l'autre salle, le Grand Roi des Noldor lui montra discrètement une grande femme rousse, une Sinda dont la peau pâle était couverte de taches de rousseur.

« Alors, comment la trouves-tu ? »

« Elle est ... très jolie. »

Pourquoi toutes les femmes que son père lui présentait étaient-elles rousses, ou châtain cuivré ?

« Je savais qu'elle te plairait ! » conclut Fingolfin, satisfait. « C'est tout à fait ton type. »


* * *


« Eru », soupira Meril. « Regardez avec qui Il danse ! Quelle jolie femme... »

« Elle n'est pas aussi jolie que vous », la rassura Orodreth.

« Elle est beaucoup plus grande, pourtant. Et elle au moins a des formes... Sans parler de sa chevelure. »

« Je ne la trouve pas si belle ! » s'exclama Orodreth. « Et puis, personne n'a des yeux comme vous... »

« Vous êtes si gentil », dit Meril en lui prenant la main avec douceur. « J'ai de la chance d'avoir un ami tel que vous. »

Belin tapotait l'épaule d'Ecthelion, l'air complice. Ecthelion fronça les sourcils, ne semblant pas comprendre où il voulait en venir.

« Lune et Soleil ! » dit soudain la voix de Maica. « Vous venez pour danser ou pour manger ? »

« Moi je ne peux pas danser », répondit Ecthelion en montrant son fauteuil roulant.

« Je plaisantais… Moi je n'aime pas danser de toute façon. »

Ce fut à ce moment-là que l'orchestre sinda cessa sa gigue ; les musiciens noldor enchaînèrent avec une volte. Ecthelion, Belin, Maica, Orodreth, Meril… Tous regardaient Fingon, qui s'était avancé au centre du hall avec la jeune femme rousse que lui avait présentée Fingolfin.

Maedhros également. Il vida son verre, posa le gobelet de bronze sur l'une des tables, et s'avança vers le petit groupe, splendide dans ses vêtements de cour rouges. La main droite dissimulée dans son pourpoint, il tendit gracieusement la main gauche vers la tante d'Ecthelion. Et ce faisant, il tourna rapidement la tête vers Belin, et lui fit un clin d'oeil.

Ecthelion, qui connaissait les rumeurs le concernant lui et ses écuyers, entoura Belin de bras protecteurs.

« Madame », dit Maedhros à l'attention de Maica, baissant à demi ses longs cils, avec un sourire séducteur.

La femme-elfe ravala sa salive. Puis elle prit la main du Fëanorien.

« Je ne suis pas une bonne danseuse », dit-elle.

« Ce n'est pas grave. Moi oui. »

Et il l'était, en effet. Belin ne pensait pas qu'un homme de sa taille pouvait se mouvoir aussi gracieusement, sautiller avec tant d'aisance, et pourtant garder un maintien ferme, donner l'impression de totalement maîtriser sa partenaire de danse, dans les moments où il lui prenait la main ou la taille, la soulevait.

Le regard de Fingon s'était mis à luire étrangement en les voyant ensemble… Maedhros lui jeta un sourire, presque complice, ou narquois. Fingon baissa les yeux.

« Ma tante ne danse pas très bien », chuchota Ecthelion à Belin.

« Mais ça lui va, d'mettre des robes », répondit l'humain.

Maedhros regarda Fingon, par-dessus l'épaule de Maica, tandis qu'il faisait avec elle des pas symétriques. Fingon baissa les yeux à nouveau, prit le bras de sa partenaire, et la fit tourner avec lui lentement. Sans quitter son cousin des yeux, Maedhros fit alors de même : il prit Maica par le bras. Les paupières de Fingon clignèrent. Puis il releva la tête, et accrocha à nouveau le regard gris de Maedhros, qui brillait, les pupilles dilatées, tout le corps orienté vers lui. Les yeux de Fingon, sous ses sourcils décidés, se mirent à luire aussi.

Au fond de la salle, à la table d'honneur, le grand roi des Noldor, qui observait la scène, avait le regard noir ; il murmura quelque chose à l'un de ses serviteurs.

Les deux couples tournoyaient maintenant au centre du hall, l'un autour de l'autre. Maedhros et Fingon se faisaient face, et comme leur compagne de danse était plus petite, c'était dans le visage de l'homme de l'autre couple que le regard de chacun se plongeait. Maedhros élevait la main gauche ; Fingon élevait la sienne. L'un s'inclinait, l'autre faisait de même. Maedhros souriait, Fingon souriait également, les yeux scintillants.

Il avait l'air si heureux, et vivant, à ce moment-là, le vaillant prince ! Comme à Valinor jadis, sous les voûtes des vastes halles de Finwë…

Fingolfin se leva. Il sembla hésiter, puis frappa dans ses mains. Les musiciens s'arrêtèrent, puis les danseurs. Fingon semblait avoir été réveillé brusquement.

« Il est temps d'admirer le numéro de nos jongleurs », déclara le Roi des Noldor, en arborant un air jovial forcé.

Un serviteur se dirigea vers Fingon pour lui dire quelque chose à l'oreille, et il partit hors de la salle. Maedhros, le voyant s'éloigner, lui jetait des regards éperdus.

« Je crois que Maedhros a un faible pour ma tante », conclut Ecthelion de toute cette scène.

Cela le rassurait, il avait presque failli mal interpréter ce clin d'oeil envoyé à Belin.

* * *

Une demi-heure plus tard, le prince Fingon revint. Maedhros était parti. Apercevant Ecthelion, il se dirigea alors vers lui, et ce faisant, avisa la fille de Gildin, dont il avait déjà eu l'occasion d'admirer l'élégance par le passé.

« Des plumes d'autruches... », apprécia-t-il en examinant le chapeau de Meril. « C'est absolument ravissant. Vous êtes toujours vêtue de manière si charmante... »

La femme-elfe rougit.

Fingolfin, qui observait la scène de loin, avait retenu Turgon.

« Non, reste là. Tu lui parleras tout à l'heure... »

A présent, Fingon avait la tête baissée, les yeux fixés sur le décolleté de Meril.

« Eru a entendu mes prières ! », glapit le Roi des Noldor, en saisissant son fils cadet par le col. « Cela fait 400 ans que j'attends ce moment !!! »

Mais d'où il se trouvait, il ne pouvait entendre la voix de son aîné...

« Quelle merveilleuse dentelle », disait Fingon. « Vous devez me donner votre adresse, car je suis vert de jalousie ! »






Tags: maudits silmarils
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