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Maudits silmarils, livre II : Le Chevalier à la Main Gauche (Fingon et autres, PG)

Se déroule durant la grande fête à Eithel Sirion (chapitre 7).



Après des entremets musicaux, les membres de la famille royale regagnèrent la tribune, en tout cas presque tous. Fingon, son petit chien dans les bras, était assis entre son père et son frère cadet. Le spectacle de début d'après-midi serait une joute équestre.

« Pourquoi tu ne participes pas ? » s'étonna Turgon, qui savait à quel point son frère était bon cavalier.

« J'y ai participé, autrefois », avoua Fingon. « Mais je gagnais toujours, alors j'ai décidé de laisser ma place à d'autres. »

Le roi de Gondolin le soupçonna de se vanter sous couvert de modestie. Il s'aperçut alors qu'il y avait un problème avec le costume de son aîné ; une manche de son élégant surcot en soie avait été comme décousue.

« Tu t'es accroché à un clou... » fit remarquer Turgon. Fingon ne sembla pas comprendre. Mais ils n'eurent pas le temps d'échanger davantage ; les trompettes avaient retenti. Arborant un air sévère et digne rappelant celui de leur père, les deux frères braquèrent leurs yeux sur le champ où allaient s'affronter les chevaliers.

Belin, de son côté, fut surpris par la violence des affrontements, comment les écus de bois étaient pulvérisés par les lances, et certains combattants jetés à terre par les chocs.

« Parfois il y a des morts », lui expliqua Ecthelion.

Le chevalier le plus grand et le plus fort de tous montait un gigantesque chevalier gris, et dissimulait son visage sous un masque d'argent. Il se faisait appeler « Le Chevalier à la Main Gauche », car il tenait sa lance par cette main.

« Il est ambigu », commenta Belin.

« Ah bon ? C'est vrai qu'il cache son visage. »

Belin se gratta le menton.

« Non, je voulais dire qu'il sait se servir de ses deux mains, Messire. »

Ecthelion fronça les sourcils, et considéra son écuyer avec incompréhension.

« Hourra ! » cria le public autour d'eux.

Un par un, le Chevalier à la Main Gauche désarçonnait ses adversaires. Et à chaque victoire, il faisait un tour de champ, une étoffe de soie bleu clair accrochée à la hampe de sa lance, pour recueillir les applaudissements de la foule.

« Je me demande qui est ce mystérieux Chevalier à la Main Gauche », dit Fingon.

« Evidemment », déclara Fingolfin d'une voix glaciale. « Rassure-moi, ce n'est pas ta manche qui flotte au bout de sa lance ? »

Fingon sourit.

« Il me l'avait demandée… Je ne pouvais pas lui refuser... »

Bientôt, le mystérieux Chevalier à la Main-Gauche fut déclaré vainqueur. Il mit pied à terre, flatta son cheval, et s'avança vers la tribune. Fingolfin se leva, solennel, tandis que des enfants venaient donner fleurs et argent au vainqueur.

« Chevalier, vous avez remporté le prix. Que les Puissances de la Terre et du Destin continuent à vous être favorables. Y a-t-il une dame ici présente que vous souhaiteriez favoriser ? »

Un frisson de murmures féminins parcourut l'assistance. Le chevalier anonyme releva la partie inférieur de son masque, qui était amovible, dévoilant une mâchoire légèrement piquetée de taches de rousseur.

« Aucune dame, Majesté, mais je souhaiterais honorer le plus grand héros du Beleriand, qui m'aurait sûrement vaincu si j'avais dû l'affronter. »

Il désignait Fingon. Le vaillant prince sembla à la fois surpris et touché. Le chevalier mystérieux s'approcha de lui, et lui tendit la gerbe de fleurs.

« Quel beau geste », approuva Ecthelion, en hochant la tête. « Ça aurait été un gâchis de la donner à une fille. »


Tags: maudits silmarils
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