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Bouche-trou pour sociopathes
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Maudits silmarils, livre II, chapitre 5, partie 4/5 : Le conseil de guerre (Belin, Fingon, PG-13)



Le lendemain, vers midi, tandis que Belin dormait auprès de son maître, Fingon, tout blessé qu'il était, réunissait son conseil.

« Les renforts que j'ai demandé devraient arriver de Barad Eithel demain, dans le meilleur des cas », déclara Fingon.

« Ils peuvent nous attaquer avant cela », répondit le seigneur du Petit Pont. « Il est même étonnant qu'ils ne l'aient pas fait. »

« Oui », confirma Fingon. « Ils ont la capacité de détruire le camp, maintenant que les bastions sont pris. C'est comme... lorsque le Dragon est sorti… ça n'a pas de sens, stratégiquement parlant. »

Le visage de la dame de la Source s'assombrit brusquement. Elle dit : « Pourtant tu es du même avis que moi, n'est-ce pas ? »

« Oui… C'est un test, probablement », opina Fingon. « Mais Père pense que je me trompe. Il dit qu'il a rencontré plusieurs fois Melkor à Valinor… Et que ça n'est pas son style. Qu'il est trop brutal. »

« Melkor n'est plus seul comme en Aman », dit alors le seigneur des Hauts Pins, un elfe sinda. « Il a été rejoint par d'anciens alliés, et de nouveaux… De nombreux maiar déchus. Toutes sortes de créatures étranges… Des loups, des lynx intelligents… dit-on. »

« Quoiqu'il en soit des raisons de cette attaque », conclut alors Fingon, « nous devons reprendre les positions perdues. J'ai fait doubler les éclaireurs et les vigies. Que personne ne dorme sans son armure, cette nuit. Demain, les renforts arriveront, et si nous n'avons pas été attaqués, nous attaquerons à nouveau. »


* * *

Quand il sortit de la tente des médecins, tout embué de sommeil, Belin ne comprit d'abord pas d'où venait le tintamarre qui l'entourait.

Il regarda autour de lui. Une foule de soldats elfes étaient en train de l'applaudir.

« Hourra pour Belin le Hardi ! » dit l'un.

C'était un de ces elfes avec qui ils jouaient aux osselets.

« Belin le Hardi ! Belin le Brave ! » s'exclamèrent les elfes en choeur.

L'humain, après moult embrassades et accolades, finit par atteindre sa tente. Il s'écroula sur sa natte, et dormit.

Quand il se réveilla, la nuit était tombée. Il alla rendre visite à Ecthelion, toujours maintenu dans le sommeil par les drogues des herboristes. Ils lui dirent que son état était stable, et qu'ils avaient bonne raison de penser qu'il s'en sortirait avec au moins l'usage du haut de son corps. Rassuré, Belin se rendit compte qu'il avait très faim. Il se rendit à la taverne, où on lui offrit un repas spécial, et beaucoup d'alcool. Il s'ennivra, mais apprit de la part de ses habituels camarades de jeu, que l'un d'entre eux n'avait pas reparu depuis la bataille. Il repensa à la tête coupée qu'il avait vue la veille. Son estomac lui fit mal.

Il alla se coucher à nouveau, ensuite, tout en mailles, comme l'avait recommandé Fingon. Mais personne ne vint le réveiller au cours de la nuit.

* * *

Le lendemain matin, les renforts de la capitale étaient arrivés. A midi, ce furent ceux de Tol Sirion, envoyés par Finrod.

« Attendons-nous les renforts envoyés par Aegnor, et les fils de Fëanor ? », s'enquit le seigneur des Hauts Pins auprès de Fingon.

« D'après les derniers oiseaux, ils n'arriveront pas avant plusieurs jours », répondit Fingon. « J'ai un message de Barad-Eithel, écrit par la main de mon père. Il veut que nous contrattaquions, de peur que nous soyons assaillis par surprise. »

« Majesté, permettez-moi de mener cette attaque », dit alors soudainement Hérahesto, le seigneur noldo des Tulipes d'Améthyste, tout juste arrivé avec son bataillon de fantassins.

Il s'agenouilla.

« Votre bravoure est remarquable », dit Fingon, « mais inutile. Je mènerai la charge moi-même. »

« Tu n'y penses pas ! » s'exclama Maica. « Tu n'es pas remis de ta blessure au ventre ! »

« Je le suis bien assez », trancha Fingon.

* * *

Voyant que l'armée préparait sa seconde attaque, Belin alla voir Maica.

« Je veux vous aider », dit l'humain.

« Vous avez beaucoup fait, déjà. Reposez-vous maintenant... », répondit la femme-elfe, qui venait de revêtir sa cotte de mailles.

« Laissez-moi venir avec vous. »

« Vous ne pouvez pas sans votre maître », dit-elle alors froidement. « Vous n'êtes qu'un écuyer. »

Belin retourna à sa tente, songeur. Il entendait l'écho des célébrations qui lui avaient été faites :« Belin le Brave ! Belin le Hardi ! »

Alors il revêtit sa cotte de mailles, puis alla ouvrir le coffre dans lequel il avait rangé les armes et armoiries d'Ecthelion. Sur les mailles brillantes, il fixa les protections d'Ecthelion, et ses emblêmes. Il mit son heaume sur la tête, qu'il fit tenir grâce à une bride. Il prit son bouclier, constellé de cabochons de cristal. Il ne prit pas Orcrist, car il ne savait pas la manier, mais sa propre épée, et son arc. Puis il se rendit aux écuries, et prit le cheval d'Ecthelion.

« Puisque Messire ne peut combattre », dit-il à l'animal, « je combattrai à sa place. »




Tags: maudits silmarils
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