Bouche-trou pour sociopathes (petite_dilly) wrote,
Bouche-trou pour sociopathes
petite_dilly

Maudits silmarils, livre II, chapitre 5, partie 2/5 : Seul, sans escorte (Belin, Ecthelion, PG)

Suite du chapitre 5 (partie 1 ici)... Le titre est une citation de la version française du Silmarillion.



Lorsqu'il sortit de son hébétude, et que ses larmes se tarirent, il sembla se souvenir de quelque chose, et il prit l'arbre d'or dans sa main gauche, le pendentif qu'Ecthelion lui avait offert, et qui était assorti à l'arbre d'argent qu'il portait.

« Nous sommes comme Telperion et Laurelin », avait dit le jeune elfe. « Nous sommes des amis inséparables. »

C'était comme si un mauvais sort s'était brisé... Tout était devenu plus clair, plus lumineux : son lien avait Ecthelion avait dissipé l'ombre venue du Nord.

Il revit le moment où le Seigneur de la Fontaine l'avait engagé. Puis quelques temps plus tard, quand il était persécuté à la caserne, et qu'il lui avait dit qu'il pouvait venir vivre avec lui… Ils avaient voyagé, vu la mer... Lorsque Belin était revenu dans sa famille, pour y rester définitivement, il était allé le chercher, chez ses frères. Quand il était tombé malade, il avait veillé sur lui pendant des jours… Toutes ces aventures qu'ils avaient traversées, tous les deux ! Toutes ces bêtises qu'ils avaient faites, aussi. Ils avaient brisé des vitres, des vases, des gâteaux géants, s'étaient brûlé les poils des bras, peints en blanc, jetés dans l'eau glacée après un sauna, infiltrés dans toutes sortes de lieux, entraînés à l'art du combat rapproché à la force de leurs cuisses. Lui s'était déguisé en fille, avait été transformé en crapaud ; Ecthelion avait donné beaucoup de coups de têtes, avait coupé des cheveux, s'était pris des coups de nattes postiches, avait défendu l'humain à de multiples reprises, quand on le traitait de guenon, avait proféré des menaces de castration à l'encontre de plusieurs personnes, et l'avait embrassé quand il était un crapaud. Ils avaient bu ensemble, mangé ensemble, dormi ensemble. L'elfe lui tenait chaud la nuit lorsqu'ils voyageaient ; il avait peur qu'il attrape froid. Et Belin voyait son visage s'éclairer, dès qu'il venait vers lui. Même si depuis quelques temps, il s'éclairait aussi quand il voyait Fingon... Mais qu'importait cela, maintenant... A présent Ecthelion était mort, ou réduit en esclavage. Il était bien à plaindre. Et ils ne se verraient plus jamais.

« C'est un joli médaillon », dit soudain une voix cristalline.

Belin leva la tête. C'était la dame de la Source. Ses yeux bleus scintillaient entre ses cheveux argentés.

« C'est Messire qui m'l'avions t'offert », expliqua l'humain.

« Hum… Je crois qu'il t'aimait comme la Lune aime le Soleil... Mais j'ai une nouvelle pour toi : son cheval est revenu. Il est aux écuries. »

Sur ces mots, elle entra à son tour dans la tente des guérisseurs. Belin courut aux écuries.

Ici aussi, il y avait des chevaux blessés qui étaient soignés. Belin avisa vite le cheval blanc d'Ecthelion, mais celui-ci n'avait aucune trace de blessure. Il n'y avait pas non plus de sang sur ses ornements. Il caressa son encolure ; l'animal était habitué à être soigné par l'humain. Il y avait entre eux une grande amitié.

« Quelqu'un l'a t-il rapporté, celui-là ? » demanda-t-il aux garçons d'écurie.

« Non, il est revenu tout seul... »

« Dis-moi », murmura-t-il au cheval, « est-ce que tu sais si Messire Ecthelion est toujours en vie ? »

Le cheval hennit.

« Tu n'as pas l'air triste... »

Belin sembla réfléchir.

« Il fera nuit, bientôt… Pourrais-tu me montrer où se trouve Ecthelion ? Même s'il n'est plus vivant. »

L'animal hennit à nouveau.

Belin le détacha, et l'amena jusqu'à sa tente. Puis il retourna à celle des guérisseurs, dont il sortit quelques minutes plus tard. Il revint dans sa tente, et là, se rappelant ce qu'Ecthelion lui avait raconté de l'enseignement de sa mère, et leurs expériences de camouflage à Gondolin, il se vêtit de sombres vêtements, et passa du liège dans le feu, avec lequel il noircit les zones saillantes de son visage. Il dissimula ensuite ses cheveux blonds dans un foulard vert foncé. Puis il revêtit des protections en cuir, nulle cotte de mailles ou armure de plates ; il attacha à sa ceinture son épée, ainsi qu'un long poignard. Et dans son dos un bouclier léger.

« Messire, j'vous allons chercher ! »



Tags: maudits silmarils
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