Bouche-trou pour sociopathes (petite_dilly) wrote,
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Maudits Silmarils, livre III : L'attirance II (Fingon, Fingolfin, etc, PG-13)

Suite de L'attirance I, dans lequel Fingon avouait à Maica qu'il n'avait pas consommé son mariage et qu'il n'était pas attiré par sa femme. Il s'avérait après une petite séance d'hypnose qu'il était seulement attiré par certains aliments en particulier.

Nb : Le peintre Cénédril est un personnage apparaissant dans le chapitre Riche comme Egalmoth (où il peint Egalmoth) et Melmë (où il peint Belin).





« Encore un de ces satanés banquets », soupira Maica. « Échanson ! Un autre verre. »

Fingon la vit alors boire cul sec sa coupe fraîchement remplie.

« Fais attention à ne pas trop boire... », dit-il.

« Il faut bien s'occuper, au milieu de tous ces raseurs... Tu ne devrais pas être auprès de ton épouse, d'ailleurs ? »

«  Je la vois déjà chaque soir. »

Le prince elfe n'en avait pas l'air heureux.

«  Tu sais, ça pourrait être pire », chuchota la mère de Meril à sa fille, en désignant la dame de la Source. « Tu pourrais être célibataire, comme elle... »

Balayant des yeux les victuailles sur le buffet, Maica remarqua qu'il s'y trouvait, entre les fruits et les tourtes à la vanille, des oeufs durs non épluchés et du pain d'épices

« C'est moi qui les ai fait préparer », précisa Fingon. « Peut-être que ça va me motiver pour ce que tu sais. »

« Ce serait de drôles d'aphrodisiaques... », répondit Maica en saisissant un oeuf et une tranche.

Fingon voyait bien que la mère de Meril le regardait, de l'autre côté du hall, et il sentit l'embarras le submerger. Son mari, Gildin, seigneur de la maison de l'Epervier, était non loin  d'eux en revanche, prenant une part de tourte à la vanille. « C'est de lui que Meril tient ses si beaux yeux verts », songea Fingon. Il tourna alors mécaniquement son regard vers Maica, et il se rendit compte que ses joues étaient devenues rouges. La dernière fois qu'il avait vu ses joues pâles colorées ainsi, c'était pendant une bataille : elles étaient aspergées de sang.

« Je vais prendre l'air », dit elle brusquement, en emportant son assiette remplie d'un oeuf et d'une pain d'épice.

« Elle a un faible pour le seigneur de l'épervier », réalisa Fingon.

« Altesse » dit soudain une voix impérieuse.

Le prince elfe sursauta. C'était le roi son père. Par quel côté était-il arrivé ? Il le prit par le bras, et l'emmena à l'écart.

« Comment vas-tu, mon fils ? »

« Bien Père ! »

« Bon. »

Fingolfin se mit à chuchoter.

« Alors, as-tu suivi mon conseil ? As-tu réussi… à hisser la voile ? »

« Par Varda ! Pourrions-nous éviter de... »

« J'ai compris. »

A ces mots, Fingolfin tendit à son fils un petit ramequin rempli de gingembre confit.

« Non merci, Père. »

« J'insiste. »

« Mais non, je n'aime pas ça. »

« C'est pour ton bien. »

« Je n'en veux pas, voyons. »

« Prends en considération cette information : c'était la confiserie préférée de mon frère Fëanor. »

Fingon haussa l'un de ses sourcils pointus.

Il croyait qu'il ne pourrait jamais se sentir plus mal à l'aise qu'à ce moment-là... Jusqu'à ce que son père lui glisse dans l'oreille : « Tu devrais essayer le matin, juste au réveil. »







* * *








Maica remontait le grand escalier, laissant la foule bruyante derrière elle. A l'étage supérieur, elle passa devant une fresque. Une fois qu'elle l'eut dépassée, elle revint cependant sur ses pas, comme si quelque chose l'intriguait.

La fresque était la copie d'un tableau peint jadis par le célèbre Cenedril, surnommé « Le Miroir », grand artiste noldo, qui habitait désormais auprès de Turgon. Elle représentait un jeune banqueteur (nu dans le tableau original, vêtu d'un drap sur la fresque). L'elfe était pâle, avec de légères tâches de rousseur diffuses, de longs cheveux bruns bouclés, riches en reflets cuivrés. La rareté de cette couleur de cheveux et de peau contastait avec les proportions de son corps et de son visage, qui étaient parfaites.

Son visage semblait aussi familier. C'est qu'il revenait, ce jeune homme roux, d'une œuvre d'art à une autre. Maica connaissait l'anecdote : Nelyafinwë Maitimo, qu'on appelait maintenant « Maedhros », avait posé pour de nombreux artistes à Valinor – quand certains ne l'avaient pas espionné à la dérobée. Il était depuis devenu une sorte d'idéal, un canon.

Mais ce n'était pas pour le contempler que Maica s'était arrêtée. Une fulgurance l'avait traversée, quand elle était passée davant la fresque. Elle positionna l'oeuf à la coquille mouchetée devant le tableau, qu'elle surmonta de la tranche de pain d'épice ; en regard du banqueteur aux cheveux roux et à la peau tachetée.

Elle réprima un cri d'horreur.




Tags: maudits silmarils
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