Bouche-trou pour sociopathes (petite_dilly) wrote,
Bouche-trou pour sociopathes
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Maudits Silmarils, livre IV : L'inscription (Penlodh, Fingolfin, Fëanor,PG)

Se déroule à Valinor, quelques mois après Penlodh II.

Pendelot = Penlodh
Lot = Lodh
Aralot = Arlodh
Nolofinwë = Fingolfin




L'elfe noldo qui tenait le registre des inscriptions à l'université de Tirion, sur le parvis de la Basilique du Savoir, ne voyait pas souvent arriver devant lui des gens aussi modestes. Pour autant, cela n'était pas non plus extrêmement rare, et les mois valians passant, cela l'était de moins en moins. Ce jour-là, le duo qui se présenta devant lui était composé d'un garçon aux cheveux courts dans la trentaine, et d'un adulte aux vêtements soignés et brodés finement, mais sans aucune pierre précieuse. On devinait qu'il avait revêtu son meilleur costume, qu'il ne possédait pas mieux.

L'inconnu s'inclina profondément, puis déclara : « Je viens inscrire mon fils Pendelot, il a réussi l'examen d'entrée. »

Sa voix était pleine d'amabilité excessive ; il y perçait également une grande fierté.

« Avez-vous le certificat sur vous ? », demanda le fonctionnaire.

« Oui, bien sûr ! »

Lot fouilla dans son grand boléro. Pendelot, calme, regardait autour d'eux, les bâtiments en pierre à plusieurs étages, les statues, les fenêtres en verre, les lampes, les fontaines.

« Il est en avance, pour son âge, non ? », demanda l'administrateur. « Vous l'inscrivez à l'école initiale des quatre arts ? Elle dure deux ans. Ensuite, il faudra choisir un collège, si vous obtenez l'examen final. »

« Oui », répondit Lot.

Son fils hocha la tête.

« Voilà, je vous ai inscrit sur la liste. Prenez votre médaillon d'accès. Pour le logement, il faudra vous rendre dans la bâtisse que vous voyez là-bas. En ce qui concerne les frais d'inscription... »

« J'ai apporté l'or ! » s'empressa de répondre Lot.

Souriant, il brandit les pièces de monnaie qu'il avait mis tant d'énergie à rassembler.

« Cela n'est plus requis », répondit le fonctionnaire. « Son altesse Nolofinwë, fils de Finwë, Grand Roi des Noldor, a décidé d'utiliser une partie de sa fortune personnelle pour payer les frais d'inscription des étudiants n'appartenant pas à la noblesse, mais ayant réussi l'examen d'entrée. »

« Mais j'ai l'argent », insista Lot, toujours souriant.

« Vous ne payez pas », répéta le fonctionnaire.

Le tisserand avait l'air perdu.

« Père », dit alors Pendelot. « Gardez-le pour plus tard. Pour ma sœur Nienninquë et mon frère Aralot... »

Le Noldo semblait presque déçu qu'on lui demande de ne pas payer. Il rangea les pièces dans sa bourse.

« Pour le logement, rendez-vous là-bas, maintenant. »

« Je n'ai pas pensé aux draps... »

« Ce n'est pas la peine, on vous fournit tout. »

« Hé bien, d'accord... »

Ils quittèrent le fonctionnaire, et commencèrent à descendre les marches du parvis. D'autres Noldor arrivaient, quelques Vanyar également. Lot, désarçonné par la tournure qu'avaient prise les choses, heurta involontairement l'un de ces arrivants : un Fëanorien grand seigneur, qui portait chaussures à talons, cape, et vêtements incrustés de diamants. Il était lui aussi accompagné de son fils, qui avait les cheveux longs, comme tous les enfants de noble naissance. « Regarde où tu marches, pouilleux ! », s'exclama-t-il. Lot ne dit rien. Il prit Pendelot par le bras, et ils achevèrent leur descente des marches.

Pendelot regarda son père. Lui qui était si fier… Il y avait une étrange lueur dans son regard, à présent. Cela lui brisa le coeur.


* * *


« Quel fourbe ! » s'exclama Fëanor, lorsque Maedhros lui eut rapporté la manière dont Fingolfin dépensait son argent.

« J'aurais pensé que vous loueriez cette initiative », s'étonna le fils aîné.

Fëanor posa ses ciseaux à tôle sur l'établi.

« Tu crois qu'il fait cela pour la beauté du geste ? Il se constitue une clientèle. Il place ses pions à l'université. Je ne l'aurais pas cru si intelligent. »

Maedhros se prit la tête dans les mains.

« Il faut contrattaquer. »

« Pourquoi ? L'université nous est déjà acquise... »

« Pour combien de temps ? Les nouveaux venus remplaceront les anciens, à terme. Des gens de faible ascendance, sans appui familial, qui lui devront tout. »



* * *


Alacairëa était restée songeuse, après le départ de son mari et de son fils aîné. Elle revoyait le moment où Pendelot lui avait dit au revoir. A ce moment-là, l'ombre d'un entrait s'était projetée sur l'enfant de manière incompréhensible, juste en travers de sa poitrine.

« Ainsi c'est comme cela que tu mourras... » murmura-t-elle.




Tags: maudits silmarils
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