Bouche-trou pour sociopathes (petite_dilly) wrote,
Bouche-trou pour sociopathes
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Maudits silmarils, livre II : L'absence II (Penlodh, Turgon, Egalmoth, PG)

(Ce matin je n'avais pas cours j'ai donc fait une partie de mon chemin pour aller au travail à pieds sous le soleil, et comme mon cerveau s'était remis en mode bobine de pellicule j'ai écrit tout ça sur mon téléphone dans le rer et le bus, puis je l'ai envoyé sur ma boîte mail... Une bonne manière de rentabiliser son temps de trajet !)

Suite et fin de l'Absence I. Finalement j'ai décidé de le mettre dans le livre II, pour avoir Aredhel…



Au bout d'une dizaine de jours d'absence, Turgon se mit carrément à pleurer.

« Tout le monde meurt autour de moi... » sanglota-t-il.

« Mais non », le détrompa Aredhel. « Tu m'as toujours, et il y a Fingon, et Papa... »

« Tu as raison », réalisa Turgon en séchant ses larmes. « Je suis trop pessimiste. »




Le quinzième jour, il réunit les grands seigneurs de Gondolin autour de la Table Ronde. Un siège était vide, celui de la Tour de Neige. Aredhel occupait celui du Pilier.

« Messieurs, si cette situation se prolonge, je me verrai dans l'obligation de nommer un nouveau ministre. Y'a t-il des volontaires ? »

Tout le monde regarda ailleurs, ou baissa les yeux. Egalmoth prit son inspiration.

« Hé bien, s'il faut se dévouer... » dit-il en arborant un air humble.

« Je note », fit sobrement Turgon.


Quelques jours plus tard, le marchand se rendait devant le bureau de Penlodh, au Palais. Les deux gardes postés devant la porte close le couvèrent d'un oeil interrogateur. Egalmoth lissa les joyaux qui parsemaient son col.

« Je suis Egalmoth, le seigneur de l'Arche Céleste, grand commandant de la maison de l'Arc en ciel. Étant donné que le roi envisage de me nommer prochainement ministre, j'ai besoin d'avoir accès au bureau et aux dossiers du seigneur Penlodh. »

Les deux gardes se regardèrent, échangeant un coup d'œil complice.

« Certainement pas », répondit le premier.

Egalmoth regarda le second.

« Encore moins. Nous avons reçu l'ordre de ne laisser entrer personne, en l'absence du seigneur Penlodh, qui ne soit sur la Liste. »

« Et dites-moi, comment fait-on pour être sûr cette liste ? »

« Il faut que le seigneur Penlodh vous y place », répondit le premier garde.

« Foutaises ! »

Le marchand ponctua son juron d'un geste : il venait de sortir une bourse en velours remplie de pièces d'or de l'intérieur de son pourpoint.

« Nous ne sommes pas à vendre ! »

« Tout le monde a un prix. Dites-moi le vôtre. »

Le second garde se redressa.

« Nous sommes incorruptibles. Comme le seigneur Penlodh. »

L'autre hocha la tête.

« Quelle bande de bras cassés ! » pensa Egalmoth en son for intérieur. « Ils ne vont pas aller loin dans la vie avec cette mentalité. »

En s'éloignant et descendant, il buta contre Ecthelion, qui avait l'air maussade. En effet, ce dernier regrettait l'absence de Penlodh. Il était le seul membre de la Table Ronde à ne pas se moquer de lui...


Cinq autres jours passèrent. Turgon convoqua Egalmoth dans la salle du trône. Le marchand le sentit, il était prêt du but. Il allait enfin détrôner son adversaire de toujours (ou plus précisément, de trois cent ans). Il allait être ministre à la place du ministre, chambellan à la place du chambellan, premier conseiller à la place du premier conseiller !

Il franchit les grandes portes de la salle du trône, conscient de l'importance du moment.

« Seigneur Egalmoth ! » s'exclama une voix qu'il n'avait pas entendue depuis un mois, et dont le timbre le glaça sur place.

Il leva lentement les yeux. C'était Penlodh, debout à côté du roi. Frais comme un gardon, si tant fut qu'on puisse appliquer cette comparaison au demi-vanya qui le toisait toujours comme s'il était une feuille morte collée sur la semelle de sa chaussure.

« Le seigneur Penlodh tenait à vous voir en premier », dit le roi, « pour vous remercier de vous être proposé pour le remplacer. »

« Y'a pas de quoi », s'entendit bredouiller Egalmoth, liquéfié.



Quelques heures plus tôt.

Lorsque Penlodh ouvrit les yeux, il ne perçut d'abord que la lumière diffuse d'un matin de printemps, et le fait qu'il était parfaitement reposé. Il se leva, enfila ses pantoufles, une robe de chambre. Puis il gagna les cuisines, après avoir salué une domestique qui avait les yeux écarquillés.

« Bonjour », dit Penlodh au cuisinier sinda. « Si vous avez le temps... si non je le ferai moi-même, pourriez-vous me préparer une tasse d'infusion ? Celle que je prends habituellement le matin.»

« Monseigneur... C'est un plaisir de vous revoir enfin ! » dit le cuisinier.

« Pourquoi ? » répondit Penlodh. « Il s'est passé quelque chose ? »
Tags: maudits silmarils
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