Bouche-trou pour sociopathes (petite_dilly) wrote,
Bouche-trou pour sociopathes
petite_dilly

Maudits silmarils, livre III ou IV : L'absence (Penlodh, Turgon, etc, PG)

(histoire indépendante, pas de spoiler particulier, même s'il y a des petits détails importants pour la suite...)

J'ai failli intituler cette scène « Le burn out » XD ça fait plusieurs années que je suis censée l'écrire… Comme d'autres en ce moment (c'est la période d'accouchement !).



Depuis qu'il habitait avec sa sœur, dans sa villa personnelle, Penlodh arrivait tous les matins à la cour à sept heures précises. Mais ce jour-là, il était dix heures, et il n'y avait aucune trace de sa présence. Cela ne posait pas problème aux différents responsables de l'administration du palais, qui savaient précisément ce qu'ils avaient à faire, mais Turgon était déboussolé. « J'espère qu'il ne lui est pas arrivé quelque chose. » Cela dit, les causes de mortalité étaient peu nombreuses à Gondolin : funeste glissade près des remparts, pot de fleurs se décrochant et tombant sur une tête… A 17 heures, le roi fit tout de même envoyer un coursier à la villa ; il reçut bientôt une réponse, un message écrit par la musicienne Nieninquë, la sœur de Penlodh.

Majesté,

Rassurez-vous, il n'est rien arrivé de grave à mon frère. Il dort toujours, mais il s'était couché hier soir assez tardivement. Nos domestiques et moi-même avons essayé de le faire sortir de son sommeil, mais nous n'avons pas réussi.

Votre humble servante.



Turgon replia la lettre, puis se mit à tourner en rond pendant dix minutes. Ce laps de temps écoulé, il se décida à écrire une nouvelle missive.


Laissons-le donc se reposer.

Turgon-Turkafinwë



Le lendemain, Penlodh n'était toujours pas là. Salgant avait croisé Nieninquë à la maison de la Musique ; elle lui avait demandé de dire au roi que son frère dormait toujours.

« Mon dieu mais c'est horrible ! », s'exclama Turgon en entendant cette nouvelle.

Il avait les larmes aux yeux.

« Faites venir ma garde et mon carrosse ! », dit-il alors brusquement.


* * *


Nieninquë venait à peine de rentrer de sa confrérie, quand elle vit débarquer chez elle le roi de Gondolin et tout son équipage.

« Je viens voir Penlodh », déclara Turgon.

« Il est dans sa chambre, majesté... », répondit la femme-elfe en faisant la révérence.

Elle le guida jusqu'à la pièce.

En d'autres circonstances, Turgon aurait été ravi de voir la chambre et la villa de son ministre ; il s'était toujours demandé à quoi elles ressemblaient, comment il les avait aménagés. Mais ce jour-là, il ne prêta pas attention aux murs blancs couverts d'une seule tenture, au lit dont le chevet en bois était orné de motifs floraux. Il ne vit que son ministre, étendu sous un feuilletage de draps, ses cheveux châtain encadrant son visage paisible et beau ; deux domestiques se trouvaient là aussi, montant la garde en l'absence de sa soeur.

« Je crois qu'il rattrape tout le sommeil qu'il avait en retard », expliqua Nieninquë. « Ça lui est déjà arrivé une fois, à Eithel Sirion, quelques décennies après notre arrivée en Beleriand. Il ne s'est pas réveillé pendant vingt jours. »

« Qu'est-ce je vais faire sans lui ? », s'alarma Turgon.

« Je suis certaine que tout se passera bien, Sire », répondit froidement Nieninquë, se méprenant sur le sens de ses propos. « Si besoin, vous nommerez un autre ministre. Personne n'est irremplaçable. »

« Si, lui est irremplaçable ! » répondit le roi.

Il s'approcha du lit. Sa main droite s'était mise à trembler légèrement.

« Mon ami… Je vous ai peut-être fait trop travailler. »

Il prit la main inerte dans la sienne. Les sourcils de Nieninquë s'arrondirent.

« Il est pâle, vous ne trouvez pas ? »

« Je... »

Le regard du roi s'était voilé.

« Il… Il… ça se trouve ça va faire comme Miriel, il ne va jamais plus se réveiller » finit-il par dire.

« Qui est Miriel ? », s'enquit le domestique Sinda qui se trouvait dans la pièce.

« La première femme de mon grand-père » expliqua Turgon.

L'elfe autochtone fronça les sourcils.

« Attendez… la première ? Vous voulez dire qu'il avait plusieurs femmes ? »

« Oui… Mais pas en même temps, hein. Il s'est marié avec ma grand-mère Indis en secondes noces. »

Le serviteur avait toujours l'air scandalisé.

« Mais il était veuf », précisa Turgon. « Enfin, elle n'était pas vraiment morte, techniquement. Disons plutôt qu'elle était dans le coma. »

Le Sinda ouvrit des yeux horrifiés.

« Bon, d'accord », avoua Turgon. « Mon grand-père était un chaud lapin un elfe avec beaucoup de besoins ! Son fils aîné était comme ça aussi. »

« Et vous ? », demanda alors le Sinda, qui savait que la femme de Turgon était décédée il y a longtemps.

« Non, moi ça va. Ça va... »


Tags: maudits silmarils
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