Bouche-trou pour sociopathes (petite_dilly) wrote,
Bouche-trou pour sociopathes
petite_dilly

Maudits silmarils, livre II : Le Sbire II (Miaulë, quelqu'un, PG-13)

Suite directe du Sbire I (le passage sur lequel je coince depuis 2 ans)...



40 ans plus tôt…


Nombreuses étaient les salles et les tunnels, les halls et les arènes, sous les trois monts du Thangorodrim ; incalculables les pièces, par centaines les étages ! La grande salle des Chats-Mages étaient l'une de celles-ci, dans le Dédale Noir.

Touille ! Remue ! Et tourne encore !

Chantaient les chats sorciers, debout, vêtus de grandes houppelandes à collerette, s'affairant autour de gigantesques marmites remplies de mixtures à couleur changeante.

Touille ! Remue ! Et tourne encore !

Car, tel est l'ordre de Gorthaur !

Mairon il fut, à Valinor !

Touille ! Remue ! Et tourne encore !


Le chat tigré, monté sur une petite échelle, se pencha au-dessus de sa potion. D'un vert fluorescent, elle se mit à émettre des petites bulles.

Touille ! Remue ! Et tourne encore !

Il est le Loup, il est le Chat,

Il est l'effroi et le trépas,

Tevildo aux yeux d'or,

Mairon il fut, à Valinor !


Un petit « M » en lettre elfique était accroché à la cape du chat tigré – était-ce l'initiale de son prénom, celle de Mairon, ou une autre ?

Touille ! Remue ! Et tourne encore !

Car nous sommes ses servants

Ses ombres, ses humbles suivants.

Ceux de Mairon et de Melkor !


« Ça ne tourne pas bien, cette potion… J'ai dû faire une erreur dans le dosage », s'alarma le chat.

« MIAULË ! », tonna soudain une voix.

C'était une belle voix. Une voix transparente, pure, onctueuse même. Une voix qui inspirait la confiance, qui exprimait la compassion, qui suscitait… la gratitude.

« Oui… Oui Maître ! »

Le chat descendit de son échelle et trottina jusqu'à la silhouette, tout de blanc vêtue, qui se tenait près d'un écritoire, sur lequel était posé un grimoire antique. Le félin ne lui arrivait qu'à la hauteur du genou, s'il y en avait seulement un, couvert de damas en dégradé de blanc. Cette haute silhouette ressemblait à un elfe, un elfe aux cheveux argentés et aux yeux jaunes.

« Je vous écoute, votre Bienveillance ! », glapit le chat en se prosternant.

L'elfe tourna vers lui un regard… étonné.

« Tes performances sont en baisse, ces derniers temps. Que dois-je comprendre ? »

Les oreilles du chat se tournèrent vers l'arrière.

« Je ne sais pas, votre Bonté, il faut que je réfléchisse… » Il baissa la tête. « Il faut que je réfléchisse sur moi-même ! »

« C'est bien », approuva l'elfe aux yeux d'or en souriant. « Qu'as-tu à apporter à notre projet ? Le mien et celui du seigneur Melkor ? Je ne te vois pas être force de proposition. » Il conclut : « Au fond, qu'apportes-tu à notre équipe ? »

Le chat joignit ses petites pattes gantées.

« Hé bien… Justement… J'ai conscience de mes faiblesses Grand Maître mais j'ai une... une... proposition, votre Miséricorde. »

« Laquelle ? »

« Je voudrais reprendre mon apprentissage de la magie noire, grâce à vôtre enseignement. J'aimerais faire autre chose que fabriquer des potions toute la journée. Utiliser des sorts à nouveau... »

« Est-ce vraiment une bonne idée, Miaulë ? Tu ne sais pas te restreindre. La dernière fois, quand je t'ai demandé de nettoyer les sols du quatrième hall, ça a mal fini ! Tout était inondé ! »

« Oh cette fois je serai un bon apprenti, votre Bonté Suprême. Je ne jetterai plus de sorts aux balais, je vous le jure ! »

« Il faut que j'y réfléchisse. »

L'elfe tendit une main, impeccablement manucurée, et la posa sur la petite tête du chat, qu'il flatta ; ses oreilles se couchèrent, ses yeux s'assombrirent.

« N'oublie pas… Qui t'a sorti du ruisseau… Et de la gouttière. Sans moi, tu serais encore à manger des rats dans le Forochel. »

Il s'en alla, répondant négligemment à un capitaine orque lui demandant ce qu'il devait faire des derniers prisonniers elfes, qu'il devait les envoyer au « laboratoire », comme d'habitude.

Le chat attendit que son maître soit parti pour éteindre sa potion, enfin prête. Il la transvasa dans des flacons, qu'il expédia au service dédié. Puis, contournant les autres chats-mages, il rejoignit la plate-forme des gamelles. Ce jour-là, elles étaient remplies de poisson. Les yeux de Miaulë se mirent à luire. Il regarda encore une fois autour de lui. Alors, il ramassa le contenu d'une gamelle avec ses pattes, et le cacha dans l'intérieur de sa houppelande.

Tout le jour, et toute la nuit,

Pour le Maître de la Nuit

Nous préparons des potions,

Des liqueurs, des poisons !


Veillant toujours à ne pas être vu, Miaulë traversa plusieurs pièces servant de réserves. Il descendit un escalier en colimaçon ; il se trouvait maintenant dans un autre dépôt, consacré à l'alcool des orques. Après avoir bu une potion de force, il poussa un tonneau ; celui-ci dissimulait une niche de pierre…. Et une boîte.

Touille ! Remue ! Et tourne encore !

Dans l'Ombre qui jamais ne dort


Dans la boîte, il y avait quelque chose. Miaulë se pencha, attendri.

Touille ! Remue ! Et tourne encore !

Mais prends garde, prends bien garde


La boîte était remplie : de tissu, de fourrure... D'une boule de fourrure, où se distinguait deux petits yeux en amande.

« Mon frère ! », s'exclama Miaulë.

Il donna quelques coups de langue sur la tête du chaton, qui couina.

Cris de souffrance, cris de douleur,

De ceux qui jamais ne meurent !

Elfes esclaves, damnés, chair frite,

Pleurs sans fin, et vies maudites !


Le Chat Botté tendit alors la pâtée de poisson qu'il avait cachée à son petit frère, et le regarda manger avec ravissement.

Touille ! Remue ! Et tourne encore !

Mais prends garde, prends bien garde

Tags: maudits silmarils
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