Bouche-trou pour sociopathes (petite_dilly) wrote,
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Maudits silmarils, livre II : La révélation I (Ecthelion, Belin, OC, PG-13)

Ira sans doute dans le chapitre 4, quand Belin et Ecthelion sont dans le camp militaire d'Ard-Galen (il faudrait que je me renseigne sur les sièges, un jour... pas sûr que ce soit très réaliste !). Je suis contente d'arriver à avancer dans cette partie, même si le passage avec Sauron n'est toujours pas fait...
En ce qui concerne le dialogue avec l'elfe et la marmite, je pense que je le retirerai sans doute, car ça annonce un peu trop facilement ce qui va arriver à Belin...
La révélation II sera dans le chapitre 25 (le dernier du demi livre II). C'est vraiment une grosse révélation (à moins que j'aie déjà vendu la mèche dans un arbre à drabbles...).



D'un bon pas, Ecthelion se dirigea vers la tente de Maica, la dame de la Fontaine d'Eithel Sirion. Il ne prêta guère attention à la tête d'orc empaillée plantée sur un piquet à l'entrée de celle-ci.

« Ma tante ! »

« Quoi ? »

La femme-elfe demeurait de profil, assise sur un siège pliable, devant un écritoire de voyage ; un bandeau de métal ceignait ses cheveux dont la couleur s'apparentait aussi à du métal. Un instant, Ecthelion la dévisagea, recherchant dans son visage les traits de son père.

« Tu pourrais dire bonjour... »

« Je veux savoir », dit brutalement Ecthelion. « Je veux savoir pourquoi tu as refusé que je reste avec toi, et avec mon précepteur, quand mes parents sont morts ! »

Maica posa sa plume. Elle se contenta de regarder le jeune elfe fixement. Manifestement, il n'avait pas fini de s'exprimer.

« Tu voulais te débarrasser de moi, pour t'approprier notre maison ! C'est pour cela que tu m'as envoyé à Gondolin… Dis-le ! »

La femme se leva.

« Ecthelion, quand tes parents sont morts… Quand mon frère est mort… J'étais... »

Elle ne termina pas sa phrase.

« Je pensais ne pas pouvoir m'occuper de toi. Et je n'ai pas pu m'opposer à... »

« T'opposer à quoi ? »

« Ils ne te l'ont pas dit ? »

« Dit quoi ? »

« Findek-… Son altesse Fingon m'a raconté... »

Mais elle ne termina pas sa phrase. Le son d'un cor puissant venait de retentir. Maica poussa Ecthelion et sortit de la tente.

Des soldats s'agitaient en tout sens. Des cris, surnageaient une information : les quatre avant-postes aux portes d’Angband avaient été détruits. Ici et là, on entendit bientôt un appel à prendre les armes et se diriger vers les brigadiers. Le seigneur de l’Epervier s’arrêta devant la tente, et dit à sa collègue : « Le prince Fingon a ordonné une contre-offensive, et le plus rapidement possible. »

« Alors le siège est rompu… », réalisa Ecthelion.

« Pour la deuxième fois », dit Maica. « Prépare mon cheval », ajouta-t-elle à l'adresse de son écuyer.

« Très bien mon commandant » répondit l'écuyer.

« Je veux venir », dit Ecthelion.

« Ce n'est pas une aventure pour un amateur », répliqua sa tante.

« Je ne suis pas un amateur ! », protesta Ecthelion.

« Alors fais préparer tes armes et ton cheval. »

Ecthelion courut à sa tente.

« Belin ! Aide-moi à mettre mon armure. Et ensuite prépare mon cheval, avec les nouvelles protections. »

« Messire… Est-ce qu'il faut que j'prépare mon ch'val aussi ? »

« Non. Vous vous restez ici. »

« Mais… Messire, il faut que j'vous accompagne. Vous ne pouvez point y aller sans votre escuyer. »

« Je n'aurai pas besoin de toi. Et je ne serai pas seul, de toute façon. Il y a trois régiments. Et Findekano aussi. »

Belin posa sa main sur son bras.

« Non, c'est dangereux Messire, je veux y aller avec vous. »

« Cela ne sert à rien d'argumenter », s'agaça Ecthelion. « Je vous ai donné un ordre ! »

L'humain ouvrit la bouche de stupeur. Puis ses épaules s'affaissèrent. Il finit par se tourner et alla chercher l'armure en silence. Quand il revint, le visage éteint, il accrocha chaque partie de l'armure de plates par-dessus le pourpoint en cuir, les protections des épaules, puis les jambières, le heaume. Il alla préparer le cheval.

Une heure après le son du cor, les elfes étaient prêts à partir. Fingon se tenait à l'avant-garde, reconnaissable à son heaume blanc et son étendard étoilé. Ses troupes se rassemblèrent hors du camp, puis s'avancèrent lentement sur plusieurs kilomètres. Là, Fingon scinda le groupe en plusieurs parties. Il prit le commandement de son régiment, et envoya le Seigneur de l'Epervier à l'ouest, et celui du Grand Pont à l'est. Le Prince entraîna sa troupe à sa suite, cavalerie à l'avant, au galop, en direction du premier avant-poste. Ecthelion le vit sauter par-dessus une rangée de piques, et Maica à sa suite. Il y avait de la fumée au loin : les orcs avaient fait brûler tous les fortins de bois.

* * *

Belin regardait la tête d'orc empaillée avec effroi. Non pas qu'il n'eût jamais vu de tête d'orc séparée de son corps, mais en « conserver » une (il se demanda comment : par salaison ?), et s'en servir comme ornement de bienvenue… Curieux, il tendit l'index, dans le but de la toucher du bout du doigt.

« Ne fais pas ça », lui dit un elfe qui passait par là, un des rares à être demeuré au camp. « C'est maudit », ajouta-t-il. « Il ne faut pas toucher. »

« J'aurais aimé partir au combat, moi aussi », dit Belin, amer.

« Tu devrais plutôt remercier le ciel de ne pas y avoir été envoyé. Ce n'est pas pour les bleus. »

« Messire est très fort, et très vaillant. »

« Qui ça ? »

« Mon maître, le seigneur d'la Fontaine. »

« Laquelle ? »

« Celle de Gondolin. »

« C'est quoi, ça ? »

« Le royaume du bon roy Turgon. »

« Ah… Turgon ! »

L'elfe posa la marmite qu'il portait et y versa un seau d'eau.

« Et il y a la guerre, chez vous ? »

« Non », répondit Belin, « c't'un royaume caché, qu'personne peut trouver. »

« Hé bien vous en avez de la chance ! Et ton seigneur Ecthelion, cela fait longtemps qu'il est ici ? »

« Non, cela fait depuis un mois qu'nous sommes là. »

« Combien de batailles, avant cela ? »

« Aucune j'crois bien, mais il a beaucoup d'expérience. On a fait des aventures tous les deux. Il a tué des orcs, des trolls, des liches, des goules, et aussi un peu d'sangliers. »

L'elfe à la marmite rit jaune.

« Cela n'a rien à voir. Le combat rapproché lors de quelques escarmouches et la mêlée d'une bataille… De batailles qui durent parfois des jours, des semaines… Ce sont des choses complètement différentes. J'ai fait Dagor Aglareb. Tu ne peux pas t'imaginer l'horreur que c'était. Il y a des elfes qui deviennent fous et qui ne peuvent plus combattre. Et d'autres qui deviennent fous et continuent à combattre. »

Le regard de Belin se tourna involontairement vers la tête d'orc, qui semblait le regarder.

« Moi je préfère cuisiner maintenant », conclut l'elfe à la marmite.






Tags: maudits silmarils
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