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Bouche-trou pour sociopathes
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Maudits silmarils, livre II : L'oiseau (Fingolfin, Fingon, OC, PG-13)

La première partie ira dans le chapitre 6 (Eithel Sirion). La deuxième partie dans le chapitre 46 (Le mariage II) - voir l'index. Pour mémoire Maica est la sœur cadette du père d'Ecthelion.



En l'honneur des combattants qui avait repoussé l'attaque surprise de Morgoth sur Ard-Galen, le Grand Roi des Noldor fit donner, le premier jour du mois suivant, un fastueux banquet à Barad-Eithel, introduction à deux semaines de diverses réjouissances.

C'était une fête comme on en voyait peu, quand elle n'était pas organisée par le prince. Il y avait de la musique, des jongleurs, du vin et de la bonne chère. Le monarque lui-même avait revêtu ses habits de fête ; il était de bleu vêtu, comme souvent, et de nombreux bijoux ornaient les vagues de ses cheveux sombres. Se déplaçant seul, il allait d'un convive à l'autre. Ainsi, après avoir félicité le jeune chevalier de la Fontaine d'Argent, alors cloué en fauteuil roulant, et roulé ici et là devant les différentes tables du banquet par son écuyer humain, le roi se dirigea vers la Dame de la Source, reconnaissable de loin à ses cheveux presque blancs et à la dague qu'elle portait toujours à la ceinture.

« Commandant », dit Fingolfin.

La femme-elfe se prosterna. Le roi, plus grand que tous les chevaliers qui se trouvaient là, demeura immobile, et impassible.

« Une fois encore, nous devons vous féliciter pour votre bravoure au combat. »

« Majesté, je n'ai fait que mon devoir », répondit la femme-elfe, les yeux rivés au sol.

« Et votre devoir a été bien fait. Vous pouvez vous redresser. »

La femme se releva, mais il y eut comme un éclat blanc près de son genou. Quelque chose était tombé sur le sol. Les sourcil du roi se froncèrent. Il se baissa pour ramasser l'objet. C'était un oiseau de papier. Ou plutôt un oiseau peint sur un papier, très réaliste.

« Qu'est-ce que…? Est-ce à vous ? »

« Oui. Il a dû tomber quand je me suis baissée. »

Fingolfin lui redonna ; elle le rangea dans la poche intérieure de son surcot.

« Je dois confesser ma curiosité... », dit le roi.

« C'est un souvenir », dit Maica. « Ou plutôt, un rappel. »

Elle s'assura que personne ne les écoutait avant de poursuivre.

« Quand j'ai intégré l'armée… J'étais jeune, tendre et faible. Alors j'ai fait fabriquer plusieurs de ces cibles, avec lesquelles je m'entraînais au tir à l'arc. Mais ce n'était qu'une première étape. J'étais consciente que ce n'était pas suffisant. Je suis allée voir les paysans et les bouchers, pour les aider à découper les bêtes mortes. »

Au milieu de son visage sans émotion et sans âge, les yeux bleus du roi luire un bref instant.

« Ensuite, j'ai chassé : des oiseaux vivants, des cerfs, des daims. Je leur ôtai la vie pour les rapporter aux tentes communes. Puis j'ai connu mes premiers combats, et les batailles. J'ai toujours gardé cet oiseau sur moi, pour me rappeler… Pour me rappeler que lorsque le moment advenait, je devais faire ce qui devait être fait. »

Comme par réflexe inconscient, le regard de Fingolfin se tourna vers son fils Fingon, qui était en train de discuter avec Ecthelion.

« Un tel récit inspire sans doute la moquerie », dit alors la femme-elfe.

« Non, pas du tout. J'ai en horreur la violence et le sang. Mais la sagesse nous intime parfois d'être dur et sans pitié. »

* * *

Quelques années plus tard… (chapitre 46)

C'était un jour important dans la vie d'un père. Le jour du mariage de son fils aîné.

Il y avait une rumeur joyeuse qui montait de la cité. Les arbres étaient fleuris.

Alors qu'il montait vers l'esplanade, le groupe qui précédait le sien dans la procession s'arrêta brusquement, et les elfes se mirent à murmurer et à s'interroger. Fingolfin écarta ceux qui se trouvaient devant lui, se frayant facilement un passage au milieu de l'attroupement.

« C'est un mauvais présage, Majesté », dit un des notables Sindar qui se trouvaient sur place.

« Quel mauvais présage ? »

Le Sinda montra les pavés de la route. Il y avait un oiseau mort, un geai, entouré de gouttes de sang.

« Ce n'est qu'un oiseau mort », dit le roi. « Faites-le ramasser et poursuivez votre route. »



Tags: maudits silmarils
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