Bouche-trou pour sociopathes (petite_dilly) wrote,
Bouche-trou pour sociopathes
petite_dilly

Maudits Silmarils, livre II : Game of thrones, deux énièmes épisodes (PG)

Ils ne se suivent pas immédiatement dans le temps...



Sur le plateau circulaire, entièrement fait de malachite, les pions de Penlodh étaient tous encerclés. Nieninquë conclut : « Cette fois mon frère, c'est moi qui ai gagné. »

« Je l'admets... »

« Mais si tu n'avais pas été aussi épuisé, tu aurais sans doute remporté la partie. »

« Tu es trop modeste. Tu as toujours fait preuve d'une intelligence remarquable. Si seulement tu utilisais cette intelligence pour le bien commun... »

« L'esprit ne fait pas tout. Il faut des connaissances pour administrer une cité. Ces connaissances, je ne les ai pas. »

« Peu possède ta froide honnêteté. Ce savoir, tu pourrais l'acquérir rapidement si tu t'y attachais... »

« C'est bien là le problème. Je n'éprouve aucun intérêt pour les sciences, l'économie, la moralité… Ça a toujours glissé sur moi, comme l'eau sur les plumes d'un canard. Et si tu savais ce que les gens m'indiffèrent ! »

Elle se leva et vint poser ses mains de madone sur les épaules de son frère. Ses cheveux bronze, ondulés, formaient autour de son cou fin orné de fleurs comme une collerette flamboyante.

« Il n'y a que toi que j'aime », dit-elle en embrassant le front du seigneur elfe.

« Évite de dire cela en public, cela pourrait donner du crédit aux rumeurs stupides que répand Egalmoth... »





*





Droite, ses cheveux repliés sur le haut de sa tête, la nuque dégagée, Nieninquë jouait de la harpe dans le patio de la villa, comme une grande fleur prenant le soleil. Penlodh passa devant elle, des rouleaux de parchemin sous le bras. Le regard de la jeune femme elfe glissa de gauche à droite, et elle cessa de jouer.

« En vérité », dit-elle brusquement, « je t'avais sous-estimé, mon frère »

« Pourquoi dis-tu cela ? »

« Je croyais que tu faisais tout cela par désintéressement, par haute moralité... »

Penlodh fronça les sourcils.

« Tout cela… De quoi parles-tu ? »

« Fingolfin, le Grand Roi des Noldor, malgré les apparences, a l'âme aussi flamboyante que son frère Fëanor. Sans mauvais jeu de mots, c'est une tête brûlée. Quant à son fils aîné, Fingon, son héritier, il est exactement pareil. Mais Turgon, le cadet, celui qui n'attire pas l'attention, lui, veille à toujours rester prudemment en sécurité. »

La voix du ministre devint froide.

« Viens en au fait. »

« Hé bien », dit Nieninquë. « Au contraire de tous ces courtisans ineptes, tu as misé sur le bon cheval, sans que personne n'y voit de calcul de ta part. Fingolfin, comme Fingon, en raison même de leur caractère, finiront tôt ou tard par commettre une imprudence, ou par tomber au combat. Et la couronne dégringolera de leur tête… Pour atterrir sur celle de Turgon, dans sa secrète vallée de Gondolin. Et il deviendra le Grand Roi des Noldor… Il régnera sur tous les Hauts Elfes de la Terre du Milieu. Mais en réalité, ce sera toi, son plus fidèle ministre, celui qui gouverne la cité toute entière, qui régnera. Pas mal, pour un simple fils de marchand de tapis et d'herboriste... »

Les yeux de Penlodh se fermèrent de moitié.

« Je vois que tu as beaucoup d'imagination. »

« Dis-moi que j'ai raison... », insista la musicienne.

Mais son frère quitta la pièce sans répondre.




Tags: maudits silmarils
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