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Maudits Silmarils, livre II : L'hétérosexualité (Hildor/Glorfindel, PG-13)

Suite des entretiens d'Hildor (=le ménestrel gay de Turgon) avec Glorfindel sur les femmes (voir le premier ici). Ecrit en grande partie sur l'arbre à drabbles de mai, mais je n'avais pas eu le temps d'écrire la fin !



« Une femme, ce n'est pas pareil », argua Glorfindel. « Tout d'abord, elle n'a pas cette mauvaise odeur qu'ont tous les hommes. »

« Mais vous êtes un homme », répondit Hildor, « comment pouvez-vous ne pas tolérer votre propre odeur ? »

« C'est bien pour cela que je me parfume à la rose. »

« Et donc... vos rubans, vos dentelles, vos clochettes ? »

« Je trouve ça joli. Mais je trouve ça encore plus joli sur une femme. »

« A vrai dire, j'ai toujours du mal à croire que les hommes ne vous intéressent pas du tout. »

« C'est pourtant le cas. »

« La seule manière de le savoir », déclara alors le ménestrel, « c'est d'essayer. Vous ne pouvez pas savoir avant d'avoir essayé. »

« Mais, je n'ai pas envie de faire ça avec un homme », geignit Glorfindel.

« Je ne vous parle pas de faire… la chose. Juste… hé bien, de toucher le produit. Quand vous voyez les gens de loin, vous êtes encore conditionné par votre éducation. Mais quand vous touchez, c'est le vrai Glorfindel de l'intérieur qui parle. »

Le seigneur de la Fleur d'Or semblait encore sceptique.

« Je ne suis pas convaincu. »

« Peut-être… Que vous devriez embrasser un autre homme » tenta Hildor.

« Mais qui donc ? »

Le visage du barde concentrait à ce moment-là un curieux et piteux mélange de plusieurs expressions : celle d'un gourmand posté devant un étal de pâtisseries, hésitant à s'emparer de l'objet de son désir, mais aussi l'attention réflexive d'un joueur d'échecs. Finalement, il se lança.

« Pourquoi pas moi ! »

« Vraiment ? »

« Oui, allez, je me dévoue ! »

Glorfindel regarda autour de lui. Aucun de ses serviteurs n'était présent. Il retint son souffle, comme avant une bataille.

« D'accord… Alors allons-y », dit-il.

Il se leva. Hildor se leva. Ils se rapprochèrent.

« Bon. »

Glorfindel ferma les yeux à demi, et prit dans ses mains calleuses, bien que régulièrement ointes de crème à la pivoine, la mâchoire du barde, qui parut à la fois surpris et contenté. Le baiser fut bref… mais approfondi.

L'embrassade rompue, Glorfindel fronçait les sourcils. Hildor, quant à lui, avait l'air à la fois vaseux et tonifié.

« C'était réussi, n'est-ce pas ? »

« Vous trouvez ? », demanda le connétable.

« Oui…. Vous n'avez pas aimé ? »

« Pas vraiment… Notez que sur le plan technique, je ne dis pas… il n'y avait rien à redire, vraiment. Mais ça ne me faisait rien. C'était comme si j'embrassais... un bloc de pierre. Je ne ressentais pas, ce petit chatouillement… que je ressens quand j'embrasse une femme. »

« Alors vous êtes hétéro », reconnut Hildor, déçu.

« Qu'est-ce que ça veut dire ? »

« Que vous n'avez pas les tendances de Maedhros. »

« Ah, oui. »

Tags: maudits silmarils
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