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Bouche-trou pour sociopathes
petite_dilly

Maudits silmarils, livre II : La philosophie 2 (PG)



La voix de Penlodh résonnait dans le petit amphithéâtre de la Faculté des Sciences de Gondolin, département Philosophie.

« Car il ne saurait y avoir de monde, sans subjectivité pour le structurer... »

Les elfes étudiants, assis derrière des pupitre en bois tout juste changés trente ans auparavant, prenaient en note scrupuleusement, tout en hochant la tête, ou en se caressant le menton d'un air méditatif et pénétré.

Seul l'un d'entre eux n'écrivait ni ne se caressait le menton. Au fond de la salle, cet elfe blond se tenait raide comme un piquet, les yeux révulsés.

Aussi, quand le cours fut terminé, il s'achemina discrètement jusqu'à la chaire du professeur.

« Oh, seigneur Glorfindel », fit Penlodh. « Je ne savais pas que vous veniez à mes cours... Vous avez une question ? »

« Eh bien, je me demandais si vous pouviez me réexpliquer un passage... A partir duquel je n'ai pas très bien compris... »

« Quel passage ? »

« En fait, c'est au début... Quand vous parliez de la liquidité de l'étang... »

Le visage de Penlodh n'était jamais très expressif, et ses traits, le plus souvent immobiles. La chose était-elle seulement possible ? Son visage sembla s'immobiliser encore davantage.

« Vous voulez dire, la quiddité de l'étant ? », répondit-il froidement.

Glorfindel fronça les sourcils.

« Seigneur Glorfindel », reprit Penlodh. « Pourquoi venez-vous assister à des cours de philosophie ? »

« Eh bien, parce que je veux devenir plus savant », répondit candidement Glorfindel.

« Ce n'est pas une bonne raison. Il faut que vous le fassiez par amour. »

« Mais précisément, je le fais par amour. »

« Je veux dire, par amour du savoir. Pas... par amour d'autre chose. Ou de quelqu'un... »

Le connétable fronça à nouveau les sourcils, comme s'il ne comprenait pas.

« Et je ne suis pas sûr, par ailleurs, que vous soyez conscient de vos atouts déjà existants dans cette entreprise qui est la vôtre, ni même de la manière la plus appropriée de la réaliser. »

Cette fois, ce fut encore pire. La face de Glorfindel se mit à exprimer une détresse profonde, voire l'effroi.

Penlodh lui tapa gentiment sur l'épaule, et se dirigea vers la sortie, ses rouleaux de papier sous le bras. Puis, juste avant la porte, il se retourna, et dit à Glorfindel :

« J'y pense... Pour le passage que vous n'avez pas compris... Vous pouvez demander des éclaircissements au seigneur Egalmoth, c'est un spécialiste en la matière. »


* * *



Quelques jours plus tard, Egalmoth recevait Glorfindel dans son salon vert, celui qui était décoré d'émeraudes.

« Des liquidités ? Si je m'y connais en liquidités ? Mais je suis le spécialiste en la matière ! »

« Justement, il était question de liquidité de la matière », expliqua Glorfindel, « mais la matière de l'étang. »

Egalmoth se gratta le menton.

« Que vient faire l'étang là-dedans ? »




Tags: maudits silmarils
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