Bouche-trou pour sociopathes (petite_dilly) wrote,
Bouche-trou pour sociopathes
petite_dilly

Maudits Silmarils, livre II : Le goujat (Fanalossë/OC, PG)

Le résultat de ma résolution des 100 mots minimum par jour... C'est un flash-back qui peut être lu sans se spoiler sur la suite de l'histoire. Il concerne la mère d'Ecthelion, et un autre personnage original qui n'est pas le père d'Ecthelion. Il y a aussi des caméos d'autres personnages.

Une de mes sources d'inspiration pour cette scène est une ask que j'avais reçue sur Tumblr. Sauf que j'ai transformé le truc pour rendre ça encore plus horrible (moins sur un aspect, et plus sur un autre on va dire).



L'archerie de Tirion n'accueillait les escrimeurs que depuis quelques années, et cet événement avait d'ailleurs mené à une scission, une partie des professeurs à l'arc et la lance jugeant que l'enseignement de leur art ne concernait que la chasse, et non pas le fait de se défendre contre un agresseur imaginaire à l'aide de hachoirs que l'on n'avait auparavant vus qu'au-delà des mers, dans la poigne de créatures de triste mémoire.

L'adolescente qui en sortait ce jour-là, fréquentait aussi assidûment les gymnases. Grande et forte comme un homme, on aurait pu la confondre avec l'un d'entre eux, tant sa poitrine était cachée, et sa démarche, sans grâce. Le garçon qui l'accompagnait devait avoir le même âge qu'elle. Lui portait un arc, elle une épée.

« Tu m'as encore impressionné, Fanalossë », avoua l'adolescent. « Tu as un tel talent pour les armes. »

« Ce n'est pas du talent, je travaille dur. »

Ils allèrent s'asseoir sur un banc, non loin de l'étalage d'un tisserand.

« Je n'ai jamais vu quelqu'un porter autant de bijoux », fit remarquer Fanalossë en désignant l'artisan.

« Qu'est-ce que tu as contre les bijoux ? »

« Rien du tout. C'est juste que je ne comprends pas comment on peut apprécier s'encombrer d'autant de choses sur les mains et les poignets. Regarde, il a même plusieurs boucles d'oreilles. C'est encore pire que Fëanor ! »

Son camarade avait l'air de réfléchir.

« Je peux te poser une question ? », demanda-t-il brusquement.

« Bien sûr », répondit la jeune fille.

Devant l'étalage du tisserand, une femme brune s'était arrêtée. Le détaillant sortit de sous son étalage une rose et la lui tendit.

« Hé bien… Je crois que je suis amoureux d'une fille. »

Quittant des yeux le spectacle qui se déroulait en face d'eux, Fanalossë tourna la tête vers son interlocuteur, ne parvenant à contrôler le rougissement de ses joues.

« Qui… Qui ça ? »

« Oh, une fille qui est vraiment formidable. J'adore tellement être avec elle, et discuter avec elle. »

« Je… Je la connais ? »

« Oui, tu la connais très bien. »

Il se mit à se triturer les doigts nerveusement.

« Elle a beaucoup de caractère, et une personnalité si originale. »

La rougeur sur les joues de Fanalossë s'intensifia. Son regard s'était mis à briller.

« Mais je ne sais pas quoi faire, car… Elle n'est pas considérée comme très séduisante. »

La lumière dans les yeux de la jeune fille s'éteignit brusquement, et elle pâlit.

« Pourtant, ce serait facile pour elle d'être un peu plus féminine. Elle pourrait prendre des cours de danse et de maintien, et faire des efforts pour s'habiller. Mais ça ne l'intéresse pas. Si seulement elle s'arrangeait un peu, nous pourrions... »

Il ne termina pas sa phrase.

Il venait de se prendre un direct en plein dans la joue gauche.


Le visage déformé par la colère, Fanalossë descendit les escaliers à toute allure, en se frottant le poing droit.

Lorsqu'elle fut sûre d'être assez loin, elle s'arrêta, et se laissa tomber sur la pierre la plus proche. Des larmes coulaient sur son visage encore juvénile. Elle les essuya d'un revers de main.

Elle devait se trouver non loin du palais du Roi des Noldor. Il y avait l'un des princes qui paradait là auprès des jeunes femmes, avec son grand chien. Et un autre, qui jouait de la lyre, et dont les cheveux étaient entremêlés d'or pur. Même lui aurait sans doute été une femme plus séduisante qu'elle !

Il sembla tout d'un coup à Fanalossë que la place était remplie de femmes attirantes, et de couples, qui marchaient bras dessus dessous, ou en se tenant la main, en ayant des gestes d'affection l'un pour l'autre.

Mais elle, elle devait être si peu digne d'amour qu'on pouvait lui jeter des ordures au visage.




Tags: maudits silmarils
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