Bouche-trou pour sociopathes (petite_dilly) wrote,
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Maudits silmarils, livre 2 : Les étudiants II (PG)

Un mini-épisode qui a poppé dans ma tête hier... Je ne sais pas encore si je vais le garder, et si c'est vraiment mon headcanon, et si c'est assez drôle. La seule chose dont je sois sûre ce sont les réactions de Turgon. Et maintenant j'ai encore une autre scène qui me vient, avec Fingon qui habille et coiffe Turgon pour le rendre plus attirant, ce qui donne lieu à une conversation révélatrice.

"Les étudiants I" c'était l'épisode dans lequel les seigneurs de Gondolin donnent des cours aux enfants, dont mini Erestor et mini Pengolodh. Donc voici "Les étudiants II", mais cette fois ça se passe à Valinor, et les étudiants en question sont plus âgés.

Il y a aussi un autre caméo après les "tiny fists of rage".





Deux jeunes Vanyar marchaient dans une rue ombragée de Tirion. La plus grande portait d'une main un panier de marché en osier bourré de rouleaux de parchemins, et de l'autre un sac en toile rempli de fruits.

« Elenwë, je n'arrive pas à croire que tu aies réussi à acheter des livres en allant au marché... »

« J'en ai besoin pour mes cours à l'Académie. »

« Je ne sais pas pourquoi, mais cela me semble hautement improbable », répondit l'autre. « Mais je suis heureuse de voir à quel point l'architecture te passionne. Tes parents semblaient penser que ce n'était qu'une lubie. »

« Ce n'est pas du tout une lubie, Amarië. Et j'adore ma nouvelle vie à Tirion. C'est une ville si active et industrieuse, où les gens ont un tel appétit de création. »

« Je n'en doute pas. Je sais que pour toi, l'architecture est aussi importante que l'astronomie pour moi. Mais tu ne m'avais pas dit dans une de tes lettres qu'ils t'avaient mis en binôme avec le petit-fils du Roi des Noldor ? Il doit être difficile à vivre, non ? Le genre suffisant, qui pense avoir beaucoup d'importance... »

Les sourcils d'Elenwë se haussèrent.

« Oh non... Il n'est pas du tout arrogant... Et nous nous entendons très bien. Par contre.... »

« Oui ? »

Les deux jeunes femmes s'étaient arrêtées.

« Hé bien, parfois, il est bizarre... »

« Bizarre ? »

« Oui. Il a les mains qui tremblent, par moments... Et il bouge de manière étrange. Enfin, pas tout le temps. Pour être plus précise, parfois, quand on le regarde, il détourne brusquement la tête. Cela doit venir de ce qu'il mange. On dit que les Noldor mangent trop de viande. Qu'est-ce que tu en penses ? »

Amarië eut un petit sourire ironique.

« Hum... Est-ce que parfois, il rougit ? »

« Oui, et même souvent ! Oh, je savais que c'était à cause de sa mauvaise hygiène de vie... Il faut que je lui en parle. »

« Ce n'est pas une question d'hygiène de vie. Je crois qu'il a un tout autre problème. »

« Lequel ? »

« Il est amoureux de toi, c'est évident. »

« Mais ce n'est pas possible ! Je n'ai rien fait pour cela ! »

« Il n'est pas besoin de faire quelque chose. »

Elenwë avait l'air catastrophée.

« Le petit-fils de Finwë est amoureux de toi ! », se mit à glapir Amarië en lui tapant dans le dos.

Le soir-même, elle repartait pour le Taniquetil... Et Elenwë passa la nuit dans un état de trouble qu'elle n'avait jamais connue.

Malheureusement, elle devait revoir Turgon à l'université, le lendemain, pour travailler sur le projet du binôme – une simulation d'aqueduc. Quand elle entra dans la pièce, il était déjà là, toujours aussi grand et charpenté, ses yeux gris brillants ressortant sur sa peau tannée. Il sembla prendre plaisir à la voir.

« Bonjour... », dit-il. « Vous voulez peut-être boire quelque chose avant de vous installer ? »

« Non, merci », répondit la jeune femme en prenant place devant la table couverte de papiers.

« J'ai préparé les feuilles », dit Turgon en les bougeant légèrement du bout des doigts, les mains tremblantes.

Voyant cela, Elenwë se sentit mal à l'aise, et son ventre se noua. Turgon ôta ses mains, et se racla gorge.

« Ma mère va bientôt accoucher », dit-il.

« Ah oui ? »

« Et il est probable que ma tante Earwen aussi. Ma mère n'arrête pas de répéter qu'elles vont accoucher le même jour, et cela énerve Père. Il trouve qu'elles passent trop de temps ensemble depuis le début de leur grossesse simultanée... Je me demande bien pourquoi. »

Voyant qu'elle ne disait rien, il reprit : « Mais je ne sais pas pourquoi je vous raconte tout ça... »

« Oh non », répondit Elenwë. « Je vous ai bien parlé de mon père et de ses champs de patates . »

« Il est vrai que vos parents sont agronomes », dit le jeune Turgon, comme s'il s'agissait d'une profession des plus nobles.

« Ce n'est pas vraiment le terme que j'aurais utilisé. »

Elle sortit des papiers de son panier en osier, spectacle dont son camarade sembla ne pas perdre une miette.

« Voilà », dit-elle. « J'ai refait les calculs de la pente, cette semaine. Et je pense qu'il faut corriger votre première proposition ».

Elle développa sa démonstration, et quand elle eut terminé, tandis qu'elle s'attendait à avoir suscité chez son interlocuteur une expression contristée ou légèrement agacée, elle s'aperçut au contraire que celle qui dominait le visage du petit-fils de Finwë, à ce moment-là, était une admiration absolue.

« Je n'ai jamais... », commença-t-il.

Jamais pensé à cela ? Jamais envisagé le problème sous cet angle ? anticipa Elenwë.

« Jamais rencontré quelqu'un comme vous », termina Turgon.

Le visage de la femme-elfe se froissa (d'horreur?) comme du papier mâché. Elle se leva subitement, et rassembla ses papiers, pour les fourrer en désordre dans sa corbeille.

« Je dois partir », dit-elle.

« Pour... pourquoi ? »

« J'ai oublié... J'ai oublié que j'avais quelque chose à faire. »

Elle sortit de la pièce presque en courant, laissant Turgon seul avec tous ses schémas.






Tags: maudits silmarils, silmarillion, tolkien
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